Gestion de classe

3 Secrets pour instaurer le respect en classe

La relation enseignant-élève, est un facteur clé de la réussite scolaire. C’est une relation entre deux personnes avec tout ce que cela implique en termes de joies et de difficultés. En effet, une relation positive entre ces deux personnes a de l’impact sur la motivation des élèves, leur discipline, leur bien-être émotionnel, et leur réussite. D’ailleurs, la satisfaction professionnelle des enseignants est liée à la qualité de leur relation avec leurs élèves.

Par le passé, les enseignants représentent une autorité éducative, et un modèle. De plus, ils sont respectés par leurs élèves et leurs sociétés. En effet, ils établissent des relations qui influencent au-delà des programmes d’études qu’ils enseignent. Aujourd’hui, cette relation prend d’autres formes. Donc, comment l’enseignant puisse instaurer  le respect dans sa classe?  

Voici 3 secrets pour instaurer le respect  dans la classe:

1. Respecter les contributions individuelles des élèves

L’enseignant doit démontrer à l’élève qu’il lui accorde de la valeur en tant que personne même si son comportement est inapproprié.  Il est très important de respecter l’élève dans sa personnalité,  parce qu’il est avant tout une personne respectable qu’on doit le valoriser et non pas le ridiculiser. C’est pourquoi, le respect attire le respect.

Imaginez  des canards qui se dandinent dans un étang. L’un des canards boite lentement derrière les autres, incapable de suivre le rythme, à cause d’une blessure. Le canard isolé, boite son chemin solitaire de l’étang à l’herbe et vice-versa, sans défense et sans protection comme un membre valable de la communauté canardeau. En classe, les élèves et les enseignants  se confrontent chaque jour à des pratiques de distribution de la justice. En d’autres mots, les élèves ressemblent beaucoup à ces canards. Si l’enseignant isole un  enfant différent, en difficulté, il lui rend indigne d’être accepté. Les défauts sont multiples, mais le résultat est familier au canard isolé : la solitude, l’humiliation, et la douleur. En vérité, nous avons tous des bizarreries – des défauts anormaux que nous cherchons à dissimuler en espérant que les autres ne s’en apercevront pas ou, pire encore, qu’ils attirent l’attention non souhaitée.

Un bon enseignant  traite chaque élève comme un individu avec ses propres talents et ses faiblesses. Il planifie des occasions pour chaque élève d’être créatif. Aussi, il embrasse tous ses élèves chaleureusement avec leurs faiblesses et leurs déficiences, et il a du courage à orienter furtivement ses élèves déviants vers les objectifs communs. Et tout le monde le respecte, non seulement ses élèves, mais aussi ses collègues. Il  n’exige pas ce respect, il le méritait.

De plus, l’interaction entre les élèves et l’enseignant est un élément central de la vie scolaire. Les élèves qui se sentent valorisés en tant qu’individus, expriment leurs talents et leurs contributions en classe, et sont assurés que leurs idées seront importantes pour l’enseignant, et elles seront reçues avec respect, par toute la classe également. De plus, il reconnait le droit des élèves d’être respectés. Il encourage la discussion et l’échange d’idées. Il favorise un climat propice à l’expression. Donc, le premier rôle de l’enseignant est d’écouter, et de respecter les contributions individuelles de ses élèves. Il valorise la prise de parole qui cherche à comprendre. De ne pas chercher à dire, mais à faire dire. Le premier réflexe doit être d’inclure. Et quand les élèves, qui proviennent d’établissements scolaires et de milieux différents, n’ont pas tous les mêmes facilités à s’exprimer et à comprendre, la première manière d’inclure, c’est d’écouter.

Un professeur américain de mathématiques traite ses élèves d’une façon respectueuse. Il les identifie en disant  » mesdames et messieurs  » comme s’il s’agissait des invités d’honneur à un événement important. Quand les élèves répondent à une question ou quand il veut attirer leur attention, il la demande avec le même ton et les mêmes mots « Mesdames et Messieurs ». Les étudiants répondent avec bienséance et coopération. « Mesdames et messieurs, concentrez-vous sur l’exercice « . C’est comme une salutation officielle. La clé ici n’est pas les mots spécifiques qu’il a utilisés pour s’adresser aux élèves, mais le ton de sa voix qui souligne les mots.

2. L’écoute active

L’écoute active est une habileté importante dans la vie. Il existe différentes stratégies qui permettent d’améliorer l’écoute active dans le contexte quotidien de la salle de classe.

Premier mot – dernier mot est une stratégie qui donne aux élèves un moyen de développer leurs idées en écoutant celles des autres. C’est-à-dire, elle encourage l’écoute active. L’enseignant distribue des fiches vierges à chaque élève avant une lecture ou un exposé oral et leur demande d’écouter la présentation, et d’écrire un mot, une phrase ou un concept qui leur intéresse sur une fiche. Au verso de chaque fiche, ils écrivent les raisons pour lesquelles ils ont choisi ce mot ou cette phrase en particulier. Après, ils forment des groupes, et chaque élève lit le mot ou la phrase qui apparaît sur sa fiche. Lorsque tous les élèves sont intervenus, celui qui a lu sa fiche tourne celle-ci et donne les raisons qui lui ont fait choisir ce mot ou cette phrase. Et le deuxième élève lit ce qu’il a inscrit sur sa fiche, et ainsi de suite…

3. RESPECTER L’IRRESPECTUEUX

Il est naturel de bien traiter des élèves bien élevés et respectueux. Ces élèves sont des familles ou des cultures qui prônent le respect. Et en classe, ils ont généralement le même comportement. Les étudiants japonais sont un bon exemple. Sans exception, ces étudiants soumettent, travaillent sérieusement, et avec révérence. En plus, quand l’enseignant passe devant l’un d’eux dans le couloir, ils s’arrêtent, font un salut court et poli et disent : « Bonjour, professeur. Les profs sont très proches des élèves, ils n’hésitent pas à aller les voir chez eux et même carrément entrer dans leurs chambre, quand ils ont des problèmes. Ces étudiants montrent que les enseignants sont estimés parmi les meilleurs professionnels. En d’autres mots, l’enseignant est respecté par les élèves, la famille, le pays et la culture.

D’un autre côté, l’élève difficile, perturbateur ou irrespectueux pose un défi particulier aux enseignants. Mais, en tant qu’enseignants, nous sommes engagés à respecter les élèves sur le plan émotionnel. Cela exige de la patience et du courage, surtout dans des circonstances difficiles. Cependant, les enseignants ressentent un flux de sentiments positifs et négatifs à l’égard des élèves. Mais, le respect est un choix, pas un sentiment. L’engagement à respecter les élèves, même les plus difficiles, est une priorité.

Selon le psychiatre américain William Glasser (1998), les bonnes écoles sont fondées sur le respect plutôt que sur la coercition comme philosophie directrice. Les relations fondées sur le respect sont un principe imprimé de ces écoles. Glasser conseille les enseignants d’être compatissants et courtois, d’éviter les dénigrements et les sarcasmes, peu importe ce que font les élèves. Il met en garde les enseignants de ne pas répondre à un élève blasphématoire et en colère, une attitude qui exige certes une autodiscipline méticuleuse, mais qui, à long terme, favorise une attitude plus respectueuse des élèves envers les enseignants.

Dans ce contexte, Lawrence-Lightfoot, une sociologue américaine qui examine la culture des écoles, a décrit un incident inhabituel d’un élève respecté qui s’est présenté tôt en classe un matin, s’est approché du bureau de l’enseignante, et a sorti un couteau de poche et l’a agité devant elle. Étonnée, mais avec une force morale intérieure, elle a répondu sans colère : « C’est illégal, range-le maintenant ! ». L’élève, troublé et brisé par un incident à l’extérieur de l’école, a fait face aux conséquences mais n’a plus jamais manqué de respect à l’enseignante, et avec le temps, est revenu à son comportement digne de confiance habituel. Néanmoins, le choix de respecter chaque élève dès le premier jour, de cultiver une relation sans égard aux sentiments naturels ou à l’inclination, et de rassembler les élèves dans un cocon sûr, bordé de considération, préfigure une occasion de diffuser de nombreuses situations difficiles en classe.

S’engager à parler et à agir avec respect, c’est comme un boomerang bien placé. Parlez de respect, et le respect reviendra à l’orateur. Appelé respect mutuel, il est plus facile pour un enseignant d’en faire l’expérience lorsqu’il le gagne plutôt que lorsqu’il le commande ou qu’il l’exerce sous la contrainte. On pourrait soutenir que le respect forcé fonctionne mieux en classe que le manque de respect ; néanmoins, le respect fondé sur la peur n’est pas profond, durable ou sincère. Plus important encore, les élèves ne traduisent pas le respect forcé en attitudes respectueuses, attitudes qui sont une partie essentielle de leur éducation dans les relations humaines.

IDÉES CLÉS

IDÉES CLÉS

✓ Les enseignants déterminent le climat des interactions en classe, d’enseignant à élève, d’élève à enseignant et d’élève à élève.

✓ Le respect des élèves est un choix, indépendant des sentiments.

✓ Le respect est transmis par les mots et les actions et en particulier par le ton qui les sous-entend.

✓ L’écoute attentive est la plus haute forme de respect.

✓ Le véritable respect des élèves s’étend jusqu’à la salle des professeurs, où les élèves n’entendent pas.

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