Gestion de classe

7 erreurs de gestion de classe à éviter

En tant qu’enseignant, la gestion de la classe est l’élément le plus important à maîtriser. Une bonne gestion de sa classe favorise l’apprentissage, crée un environnement sécurisant et réduit le nombre d’interventions disciplinaires. Mais les recherches montrent que les programmes de formation des enseignants ont toujours tendance à se concentrer sur l’établissement de règles strictes, tout en imposant des conséquences en cas de mauvaise conduite. Cela peut fonctionner à court terme, mais il est peu probable que cela produise un changement à long terme. En termes simples, les enseignants ont besoin d’instaurer des routines et des règles claires avec leurs élèves dès le début de l’année. Voici 7 erreurs courantes de gestion de classe et ce que les recherches vous suggèrent comme comportement alternatif.

ERREUR N° 1 : RÉAGIR AU COMPORTEMENT AU NIVEAU DE LA SURFACE

Si deux élèves se comportent mal – par exemple, s’ils sont perturbateurs – cela peut être pour des raisons différentes. « Une stratégie qui éliminera le comportement hors tâche d’un élève pourrait aggraver le comportement hors tâche de l’autre ». Au lieu de réagir par réflexe, les enseignants devraient rechercher les raisons sous-jacentes de la mauvaise conduite. Si un élève est aux prises avec une nouvelle situation de stress à la maison par exemple, cela nécessitera une approche différente de celle d’un autre élève, qui sollicite simplement l’attention de ses pairs.

« Définir une mauvaise conduite par son apparence ne nous renseigne en rien sur la raison pour laquelle elle s’est produite ; pire, elle n’aide souvent pas dans nos efforts de changement de comportement », expliquent les chercheurs.

Par ailleurs, la lutte contre les mauvais comportements implique généralement la recherche de modèles positifs et exemplaires. Que se passe-t-il avant et après le comportement ? Quel est le public qui y a réagi ? Quand est-ce que cela arrive ? « Les comportements perturbateurs aident les élèves, soit à obtenir quelque chose de désirable, soit à échapper à quelque chose d’indésirable ». Si les enseignants peuvent déterminer quels sont les raison du comportement de l’élève, ils pourront remédier à la mauvaise conduite d’une manière plus productive.

ERREUR N° 2 : EN SUPPOSANT QUE CE NE SOIT PAS UN PROBLÈME D’APPRENTISSAGE

Il est facile de s’exaspérer face à la mauvaise conduite des étudiants, mais bien souvent, – plus souvent que vous ne le pensez en fait –, cela découle de luttes académiques bien intentionnées. Il existe différentes raisons pour lesquelles les élèves se comportent mal, comme le manque de discipline, le manque de motivation ou le désir d’impressionner leurs camarades de classe. Une mauvaise conduite peut aussi être attribuée à des déficits scolaires : soit les étudiants ne comprennent pas la tâche, soit la tâche est trop difficile – et la mauvaise conduite est un exutoire de leur frustration.

ERREUR N ° 3 : FAIRE FACE À CHAQUE INFRACTION MINEURE

Les enseignants inexpérimentés peuvent avoir l’impression qu’ils doivent détecter et réparer tous les mauvais comportements dans la classe, mais essayer de réduire les perturbations mineures peut en fait les aggraver à long terme.

Il ne faut pas oublier que l’attention négative – signalant que les élèves ne prêtent pas attention ou parlent brièvement en classe, par exemple – signalent souvent que les élèves se sentent moins connectés à la classe, entraînant plus tard des problèmes de comportement. Involontairement, les enseignants peuvent s’engager dans un schéma de renforcement négatif, une espèce de spirale descendante qui « amplifie en fait le comportement inapproprié des élèves ». Le résultat final ? Un élève qui est réprimandé pour ne pas avoir prêté attention au cours est plus susceptible de se renfermer et de garder rancune et colère plutôt que de réorienter son attention sur son apprentissage.

Au lieu d’interpeller les élèves, les enseignants devraient mettre en évidence une conduite positive, comme terminer le travail à temps ou effectuer efficacement la transition entre les activités. Les réponses non verbales telles que « le regard » ou les signaux de la main sont également des moyens efficaces d’encourager subtilement les élèves à prêter attention.

ERREUR N ° 4 : LE METTRE AU COIN

Lorsqu’il est utilisé comme une forme de punition, envoyer des enfants au coin ne peut que provoquer un sentiment de honte ou d’embarras, sapant votre relation avec eux et compromettant la confiance dont vous aurez besoin entre eux et vous pour un apprentissage productif.

Les enfants qui vont à l’école luttent pour maintenir leur estime de soi dans une bataille permanente pour leur popularité, leurs notes et leur classement social. Lorsqu’un adulte induit la croyance qu’il est incapable de faire telle ou telle chose … le respect de soi et la confiance en soi, ingrédients centraux d’une autonomie réfléchie, sont sapés.

Dans une école primaire de Fall-Hamilton à Nashville, chaque classe a un coin de la paix – une alternative à une mise au coin – qui donne à l’élève l’occasion de se calmer, de réfléchir à ses actions et à ses sentiments et de pratiquer une sorte d’auto apaisement. C’est un moyen pour les élèves de renforcer leur capacité à savoir quoi faire lorsqu’ils se sentent frustrés ou en colère.

Contrairement à la mise au coin, qui est généralement perçue comme une punition, les coins de paix sont utilisés par tous les élèves – les étudiants peuvent y aller eux-mêmes, dans des limites raisonnables – « ce n’est donc aucunement un lieu de stigmatisation ». Et surtout, différentes activités sont dispersées dans toute la zone pour aider les élèves à acquérir des compétences d’auto apaisement, tels que des exercices de respiration ou un tableau blanc sur lequel ils peuvent écrire et qui les aide à réfléchir aux choix qu’ils ont faits et aux meilleurs choix qu’ils pourraient faire à l’avenir.

ERREUR N ° 5 : ÉCRIRE DES NOMS ET AUTRE HUMILATIONS PUBLIQUES

Une autre stratégie courante – mais destructrice – consiste à identifier publiquement les élèves qui perturbent ou qui s’agitent. Dans les écoles, les couloirs sont bondés de listes d’élèves qui ont été collés. Dans une autre école, les enseignants écrivent les noms des élèves sur le tableau de la classe pour suivre les mauvais comportements ou utilisent des autocollants de couleur comme système de notation – rouge pour un mauvais comportement, bleu pour un bon. Les retards ou les absences des étudiants sont suivis sur des murs de données, et ce qui peut nuire encore davantage aux étudiants, c’est d’afficher publiquement leurs faibles notes d’examens.

Ces pratiques honteuses « ne parviendront jamais à inhiber les actes répréhensibles futurs et peuvent même aggraver les choses. Au lieu d’interpeller publiquement les élèves, les enseignants devraient les approcher en privé et les encourager à réfléchir à ce qu’ils ont fait, à réfléchir au motif et à en assumer la responsabilité pour y remédier ».

ERREUR N ° 6 : S’ATTENDRE À LA CONFORMITÉ

C’est une bataille perdue d’avance que d’attendre que les étudiants se mettent en conformité sans faire de travail sur eux. Essayez de l’exiger et de nombreux étudiants se rebelleront tout simplement, testeront vos limites ou s’engageront dans une lutte de pouvoir. Une bonne gestion de classe implique que vous construisiez une relation solide basée sur la confiance et l’empathie : « La gestion de classe ne consiste pas à contrôler les élèves ou à exiger un comportement parfait. Au lieu de cela, une gestion efficace consiste à aider les élèves à se gérer tout au long de l’apprentissage et des activités quotidiennes ».

Les enseignants devraient se concentrer sur des stratégies proactives, telles que des salutations positives à la porte ; établir intentionnellement de telles relations et travailler pour les entretenir ; co-créer des normes de classe avec les élèves ; encourager une présence physique active, pour aider les élèves à développer leurs compétences sociales et émotionnelles, dont ils ont besoin pour être capables de réguler leur propre comportement.

ERREUR N ° 7 : NE PAS VÉRIFIER VOS PRÉJUGÉS

Des dizaines d’études montrent que les enseignants perçoivent par ignorance les élèves de couleur comme étant moins capables et plus agressifs que les élèves européens. De ce fait, ils peuvent être tentés d’appliquer des règles de manière incohérente, ce qui érode la confiance et émousse les relations. Par exemple, par rapport à leurs camarades, les enseignants donnent souvent moins d’avertissements aux élèves de couleur pour corriger leur mauvaise conduite avant d’être envoyés au bureau du directeur .

Une telle injustice est perçue par l’élève comme péjorative et contribue à instaurer un « fossé » parmi les étudiants, entre les européens et les étudiants de couleur. « Par exemple, les étudiants afro-américains étaient davantage conscients des préjugés raciaux dans les décisions disciplinaires à l’école, et à mesure que cette prise de conscience se développait, cela amenait à une perte de confiance dans l’institution, conduisant ainsi à un manque flagrant de confiance en septième année ». Cela a non seulement entraîné plus de problèmes de discipline, mais cela a également diminué l’intérêt de ces élèves pour postuler à l’université.

Les enseignants sont encouragés à prendre quelques mesures pour endiguer les préjugés disciplinaires en étant conscients de leurs préjugés implicites – nous en avons tous – et à prendre l’habitude de revoir toutes les mesures disciplinaires qu’ils adoptent, pour repérer des domaines à améliorer.

Voici quelques idées pour bien gérer votre classe :

  • Créer un lien positif avec ses élèves.
  • Insister sur le droit de parole tout en respectant les règles de classe.
  • Marcher en expliquant des consignes pour garder les élèves plus attentifs.
  • Donner des consignes claires.
  • Communiquer avec les parents.
  • L’élève doit comprendre quelles conséquences entraîneront ses mauvais choix.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page