Conseil de carrière

Ce que les profs n’ont pas le droit de faire

L’enseignement est une fonction respectable qui a un impact sur bien des vies. Les enseignantes et enseignants passent des journées et des soirées à développer des outils pédagogiques susceptibles de stimuler le désir d’apprendre des jeunes. Mais, le corps enseignant doit connaître ses responsabilités dans la classe, dans l’école et dans la société en général, et tout ce que les profs n’ont pas le droit de faire.

En effet, la profession enseignante dispose d’un statut social ambigu. Parfois, dans le quotidien de notre pratique, nous avons l’impression d’être relégués à un rôle d’exécutant, sans prise directe sur notre travail qu’on dit pourtant une profession.

Nous présenterons dans cet article une liste de choses que les profs ne doivent pas faire, voici donc 10 choses que les profs n’ont pas le droit de faire :

1. Être « ami » avec ses élèves sur Facebook

Les réseaux sociaux ont amené de nouvelles situations dans l’enseignement. Cette prise de parole sur Internet comporte des pièges qu’il importe de connaître. En d’autres termes, tout ce que nous publions en ligne fait ensuite partie du domaine public. De plus, si vous permettez à tout le monde d’avoir accès à votre profil, l’information que vous y publiez sera indexée automatiquement sur des bases de données comme Google. Ces détails personnels seront toujours disponibles sur Internet même si on les a retirés de sa page Facebook. C’est pourquoi il est préférable de respecter certains principes :

  • Ne mettre en ligne que du contenu sur lequel on accepte de perdre le contrôle !
  • Éviter de mettre en ligne des renseignements personnels !
  • Éviter de correspondre avec des élèves !
  •  Toujours sélectionner les plus hauts paramètres de sécurité et de confidentialité disponibles (dans l’onglet Compte) !
  •  Informer son entourage des dangers encourus comme enseignante et enseignant si des renseignements personnels sont publiés.
  • La communication avec les parents doit rester dans le domaine professionnel. Et comme le dit si bien le dicton anglais : « Familiarity breeds contempt » (la familiarité engendre le mépris) — c’est mieux de garder des distances avec vos élèves, et d’utiliser ce canal officiel uniquement pour le travail et y maintenir en tout temps des normes professionnelles adéquates. Enfin, si vous êtes victimes de critiques ou de commentaires peu élogieux sur Internet de la part d’élèves ou de pairs, nous vous invitons à le dénoncer à votre syndicat et à votre employeur.

2. Châtiments corporels

Une étude menée par l’UNICEF (2015) montre que la pratique des châtiments corporels a des effets néfastes sur l’apprentissage. En effet, il y a un lien entre la pratique des châtiments corporels à l’école, d’une part, et des résultats faibles aux examens ainsi que des effets négatifs sur le bien-être psychosocial des enfants, d’autre part. La violence à l’école explique en grande partie pourquoi les enfants n’aiment pas l’école et elle provoque aussi un décrochage scolaire.

Parfois, il arrive que les classes soient surchargées et que les écoles aient de faibles ressources. Cela peut fortement diminuer la patience du personnel enseignant et donner lieu à des réponses inappropriées et empreintes de colère dans la gestion du comportement des élèves. Les enseignants peuvent avoir des difficultés à garder le contrôle de la classe et risquent de s’en prendre aux enfants. Cela ne justifie pas, toutefois, qu’ils puissent évacuer leur stress sur les élèves.

Par contre, la discipline positive et non violente produit de meilleurs résultats en classe, alors que la pratique des châtiments corporels est associée avec de nombreux résultats négatifs, tels que des résultats faibles aux tests de quotient intellectuel, un moindre vocabulaire, des capacités cognitives affaiblies, un développement cognitif freiné et des résultats scolaires décevants.

Régler les problèmes de discipline requiert des interventions empreintes de créativité, d’empathie, de soutien, de respect et de professionnalisme, et non pas des violences et humiliations sur les élèves. Il existe de nombreuses ressources facilement accessibles pour établir et maintenir des stratégies de gestion de classe, tout en respectant les droits fondamentaux des enfants (voir la 3e partie pour des exemples précis).

3. Transport d’élèves dans sa voiture personnelle !

Le déplacement des élèves dans la voiture d’une enseignante ou d’un enseignant n’est pas recommandé, car il pourrait entraîner des allégations de toutes sortes. Mais il est possible, exceptionnellement, d’utiliser cette façon de se déplacer moyennant quelques obligations à respecter. !Avant de prendre la route, l’enseignante ou l’enseignant devrait impérativement :

  • obtenir une autorisation de sa direction·
  • informer les parents des élèves concernés et s’assurer de leur approbation.
  • Une garantie de la responsabilité personnelle du conducteur et du propriétaire du véhicule, ainsi que de la responsabilité de l’État à l’égard des tiers et des personnes transportées.

À lire aussi: 5 choses illégales que les profs ne doivent pas faire

4. Obliger les élèves à porter l’uniforme

À travers le monde, certains établissements primaires et secondaires, privés ou publics, imposent le port de l’uniforme. Porter l’uniforme est souvent perçu comme une torture, mais pour d’autres, cela comporte des avantages non négligeables. L’uniforme scolaire est un outil pédagogique au service du projet éducatif de l’école. Il favorise le sentiment d’appartenance à l’école, et permet d’effacer les inégalités.

En France, le ministre de l’Éducation nationale s’est dit favorable à l’uniforme dans les établissements scolaires. Sur la Rive-Sud de Montréal, les uniformes ont fait leur apparition dans les écoles publiques il y a déjà quelques années.

Est-ce que les écoles devraient obliger les élèves à porter l’uniforme ?

 La question est sur la table depuis quelque temps. Certains estiment que les jeunes, particulièrement au secondaire, n’ont pas de limites en ce qui a trait à leur tenue vestimentaire.  
 
Décolletés plongeants, nombrils à l’air ou sous-vêtements apparents sont monnaie courante et les professeurs n’en peuvent plus de dicter la discipline à la place des parents.  
 
En effet, même si la plupart des écoles exigent le port de « tenues convenables », qui excluent les jupes et shorts très courts, les vêtements à connotation violente ou les camisoles, un temps précieux est perdu pour obliger les élèves à les respecter. 

5. Confisquer un téléphone

L’utilisation du téléphone portable peut nuire à la concentration nécessaire aux activités d’enseignement. Pour toutes ces raisons, l’utilisation du téléphone portable est interdite dans l’enceinte des écoles et des collèges. Donc, les téléphones portables des élèves doivent être éteints et rangés.

Il appartient à chaque établissement de déterminer des modalités pratiques pour assurer le respect de la loi. Mais, combien de temps peut-on confisquer un mobile ?

Tout téléphone confisqué doit être restitué soit à l’élève lui-même, soit à l’un de ses responsables légaux à la fin de la journée. L’enseignant assume la responsabilité de l’appareil en tant que gardien durant la confiscation en cas d’éventuels dysfonctionnements, ou dégradations de l’appareil.

6. Le zéro sanction

Un zéro ne peut être mis pour sanctionner un problème de comportement. Ce n’est pas un outil de sanction du comportement. Il ne figure pas à ce titre dans le règlement intérieur comme une des punitions mises à disposition de l’équipe éducative. Le recours au zéro n’est pourtant pas toujours interdit, afin de vous aider à vous y retrouver, voici les différentes circonstances selon lesquelles vous pouvez y avoir recours ou pas.  

Cependant, le zéro peut être mis à condition qu’il vienne sanctionner un travail qui ne remplit pas le cadre pédagogique défini par l’enseignant. Attention toutefois de bien le préciser sur la copie, dans le rapport ou bien sur le mot dans le carnet de liaison afin d’éviter toutes ambiguïtés.

7. Exiger un certificat médical

Un enseignant n’a pas le droit d’exiger un certificat médical pour justifier l’absence d’un élève à un contrôle. Mais certains enseignants considèrent cette exigence comme normale. De plus, les parents n’ont aucune obligation de fournir ce justificatif en cas d’absence. Cette absence non justifiée ne doit pas être sanctionnée par un zéro. Cependant, le certificat médical est obligatoire en cas d’absence aux examens (Brevet ou BAC).

L’enseignant a seulement le droit d’exiger un certificat médical dans le cas des maladies contagieuses.

À lire aussi: les 10 erreurs que les Profs devraient éviter de commettre

8. Divulguer les données personnelles des élèves

Les écoles traitent de nombreuses données à caractère personnel. Par exemple :

  • le nom, l’adresse et le numéro de téléphone.
  • Des photos prises et vidéos tournées à l’école.
  • Des renseignements sur la santé.
  • Des dossiers scolaires des élèves.
  • Les documents papier, notamment les bulletins scolaires, les listes d’élèves ou les documents d’éducation de l’enfance en difficulté.
  • Les documents électroniques, comme les cahiers électroniques des présences.

Si un enseignant affiche les notes ou résultats de test d’une manière qui permet d’identifier les élèves, même sans indiquer leur nom, divulgue des renseignements personnels.

9. L’humiliation des élèves

L’humiliation conduit souvent au découragement de l’élève. « Je suis nul et bien quoique je fasse je resterai nul ». Elle peut conduire également à la violence scolaire.
Ainsi, la dévalorisation du sentiment de colère, la minimisation de l’importance des faits et la définition de soi par d’autres forment les ingrédients les plus singuliers du processus d’humiliation.

Par ailleurs, le sentiment d’humiliation d’un élève peut exister en l’absence de propos blessants d’un professeur. En effet, certaines situations pédagogiques ou phrases ambiguës provoquent l’humiliation sans que le professeur n’ait cette intention. Parfois, le professeur l’utilise pour maintenir l’ordre dans la classe. C’est une forme de sanction. Elle a pour objet d’obtenir le silence en exposant les élèves à des remarques verbales dévalorisantes.

L’école ne doit pas être pensée comme un espace de transmission de savoirs, mais comme un meilleur espace de socialisation. De plus, la relation prof-élève devrait être moins basée sur une autorité arbitraire, mais davantage sur une plus grande compréhension, quand on sait combien les sentiments d’injustice et de rabaissement sont des facteurs d’explication majeurs de la violence scolaire.

10. Défaut de surveillance

L’enseignant peut être déclaré responsable des dommages qui résultent d’un accident subi ou causé par l’un de ses élèves :

Sa responsabilité civile peut être engagée si :

  • L’enseignant est bien sûr responsable du dommage causé par son propre fait.
  • Il est responsable lorsque le dommage est causé par un élève à un autre élève ou à un tiers.

Sa responsabilité pénale peut être retenue s’il a eu un comportement constitutif d’une infraction pénale.

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Un commentaire

  1. Le point 7: Exiger un certificat médical, pose en pratique des problématiques qui conduisent à des situations irréalistes. Concrètement, un élève qui ne souhaite pas être évalué, ne vient pas au devoir. Il peut exiger un devoir de rattrapage (avec les contraintes d’organisation à mettre en place), puis décider qu’il ne vient pas. Puis exiger un nouveau devoir. Cela pose de sérieux problèmes en terme d’organisation, d’égalité devant l’évaluation mais aussi dans le message qui est fait passé.

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