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La classe inversée : Définition, fondements et origine

La classe inversée est une approche pédagogie active où les apprenants consultent les contenus à transmettre en dehors de la classe. Ils profitent des cours présentiels pour pratiquer leurs apprentissages avec des activités pratiques et des discussions de groupe. L’apprentissage est centré donc sur l’apprenant et l’enseignant n’est qu’un accompagnateur et observateur.

“Une approche pédagogique consistant à inverser et à adapter les activités d’apprentissage traditionnellement proposées aux étudiantes et étudiants en utilisant en alternance la formation à distance et la formation en classe pour prendre avantage des forces de chacune.”, telle est la définition de la classe inversée présentée par l’Université de Sherbrooke.

Ce nouveau concept est devenu plus répandu ces dernières décennies, surtout au niveau supérieur. L’idée de consacrer le précieux temps de classe à interagir et travailler ensemble semble plaire au corps enseignant. Ceci dit que l’intérêt du cours présentiel devient la mobilisation des connaissances et l’apprentissage par les pairs.

1. Historique du modèle inversé

Cette approche éducative est apparue la première fois aux Etats-Unis dans les années 1990. Les élèves avaient accès libre à des contenus numériques (sites web, vidéogramme en ligne, diaporama, etc.) et des contenus sous format littéral (livres, polycopiés, etc.). Ils passent ainsi par la phase d’acquisition en amont, et réservent le temps de présence en classe aux exercices applicatifs.

En 2004, deux enseignants de chimie au lycée Woodland Park au Colorado ont remarqué un taux d’absentéisme élevé. Ils ont donc décidé de prévoir du matériels pour ces élèves afin de les aider à se rattraper en classe.

En 2007, ces mêmes enseignants, Jonathan Bergmann et Aaron Sams, ont commencé à proposer des contenus numériques. Ils filmaient leurs démonstrations et les mettaient en ligne pour les élèves absents. À leur plus grande surprise, même les élèves présents consultaient ces vidéos. Bergmann et Sams ont remarqué par la suite que les retours en classe sont devenus plus dynamiques. Les travaux pratiques sont plus stimulants et il reste un temps suffisant pour les interventions individuelles.

Bergmann et Sams ont ainsi baptisé leur méthode “pre-vodcasting” puisqu’on visionne les vidéos avant le cours en classe. Avec le temps, cette appellation est changée vers “formation inversée”. Ce n’est qu’en 2010 que le terme “classe inversée” voit le jour. Après en 2011, le conférencier et fondateur de Khan Academy, Salman Khan, parle de ce modèle dans une vidéo TED. C’est ce qui a aidé énormément à diffuser l’expression et l’idée du modèle.

2. Les quatre piliers de la classe inversée (FLIP)

Ce modèle repose sur quatre piliers nécessaires déterminant son succès :

  • Flexible Environment (Environment flexible) : Une configuration de classe flexible, avec l’utilisation de modalités d’évaluation formatives fréquentes et variées.
  • Learning Culture (Culture d’apprentissage) : L’apprentissage est centré sur l’apprenant et son apprentissage avant tout.
  • Intentional Content (Contenus choisis) : Avant le cours, l’enseignant met à la disposition de l’apprenant tous les contenus pédagogique dont il a besoin. Ces contenus sont des vidéos, des diaporamas, des captures d’écran, des présentations, etc. Durant le cours, l’apprentissage se fait dans un cadre collaboratif entre les pairs. L’objectifs est de poser les problèmes et les résoudre ensemble.
  • Professional Educator (Formateurs professionnels) : Les contenu présentés en amont ne remplace en aucun cas la présence de l’enseignant. Ce dernier doit valider, approfondir et consolider la compréhension de la matière. Il doit également s’assurer que les apprenants réinvestissent ces acquis de manière interactive.

3. Les avantages de ce modèle

Le modèle inversé repose sur une philosophie de faire participer l’apprenant au processus de la compréhension et l’assimilation de l’information. Il devient ainsi un acteur majeur capable de consulter son cours tout seul. Pour par la suite venir partager ses idées et ses connaissances avec ses paires en classe. La dynamique de la classe change ce qui en résulte plus d’engagement de la part des élèves.

L’avantage principal reste la liberté que procure cette méthode d’enseignement. La liberté pour les apprenants qui ne sont plus un public qui écoute. Ils sont plus actifs en classe et échangent entre eux. Et une liberté pour le professeur qui n’est plus obligé de répéter la même leçon plusieurs fois. Son rôle repose sur l’organisation de la classe et de la prise de parole. Il a plus de temps en classe pour accompagner ses élèves et les guider.

La classe inversée favorise aussi le sens de la recherche. Un apprenant qui ne comprend pas une partie du cours cherche lui-même l’information. Il peut aussi voir et revoir un passage autant de fois qu’il le souhaite et apprendre à son rythme.

4. Les limites de la classe inversée

Même si, au premier abord, cette nouvelle pédagogie paraît innovante, mais l’on distingue quelques limites qui peuvent bloquer l’apprentissage. Cette approche n’est pas centrée sur “la matière”. Il existe seulement du matériel à consulter en dehors de la classe sans consignes précises, chose qui pourrait intriguer le confus chez l’apprenant. Sans parler de la possibilité de ne pas disposer d’une connexion internet ou d’outils nécessaires pour consulter le cours à la maison.

Pour les enseignants et les élèves habitués des cours magistraux, il serait difficile de les convaincre de ce modèle. Ils peuvent même montrer des signes de résistance. D’une part, il se peut qu’il ait un manque d’autonomie et de discipline à consulter le cours par les élèves. D’autre part, pas tous les enseignants sont capables à se mettre à fond pour produire un contenu médiatisé.

Plusieurs professeurs ont exprimé leur inquiétude quant à la collaboration des apprenants avec ce modèle. Les classes ne se vident-elles pas donc ? Est-ce qu’avec la médiatisation des contenus la formation devient standard ? Est-ce que la performance des cours en ligne est indiquée par le taux de fréquentation ? Et que faire en cas des cours complexes qui nécessitent la présence en classe ?

Un chose est sûre, afin d’assurer la réussite de tout modèle, il est inévitable de bien expliquer l’approche et ses fondements à toutes les parties prenantes. Il faut passer d’abord par une phase de transition avant d’introduire une nouvelle méthode avec laquelle personne n’est encore familiarisé.

Sources: 123

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