Conseil de carrière

Les enseignants ne sont pas traités comme les autres professionnels!

7 choses qui montrent que les enseignants ne sont pas traités comme les autres professionnels

L’enseignement est l’une des rares carrières où le libre arbitre des autres a régulièrement un impact négatif sur l’activité du salarié. Par exemple, lorsqu’un élève ne fait pas ses devoirs et que cela se ressent dans ses notes, c’est en quelque sorte à l’enseignant de résoudre le problème. Mais lorsqu’un patient ne passe pas d’examen de la vue et que sa vision se détériore, c’est le patient qui est responsable, pas son optométriste. Le reste du monde semble comprendre la valeur inhérente aux conséquences naturelles. Il suffit de voir comment ces autres professionnels peuvent effectuer leur travail sans que l’irresponsabilité de quelqu’un d’autre ne leur porte préjudice !

1. L’expertise de l’architecte n’est pas remise en question, alors que l’on doute constamment de la haute qualification des enseignants.

Chaque jour, dans le monde entier, des personnes entrent dans des bâtiments et des maisons sans craindre que ceux-ci ne s’effondrent. Pourquoi ? Parce que nous supposons que les compétences et l’expertise de l’architecte nous protègent. Les gens n’accordent pas ce niveau de confiance aux enseignants, malgré nos multiples diplômes, certifications, heures de formation professionnelle et notre implication dans les écoles. Les enseignants savent ce qui fonctionne pour leurs élèves, mais des personnes qui n’ont jamais mis les pieds dans une salle de classe remettent constamment en question nos pratiques.

2. Les dentistes ne sont pas blâmés lorsque leurs patients ne se brossent pas les dents et n’utilisent pas de fil dentaire, mais c’est la faute de l’enseignant lorsque les élèves ne terminent pas leur travail.

Lorsque nous ne pratiquons pas une bonne hygiène buccale et que nous nous retrouvons avec des dents cariées et une haleine fétide, nous savons que nous ne pouvons pas blâmer le dentiste. Personne n’attend des dentistes qu’ils offrent des services gratuits ou supplémentaires à ceux qui ne prennent pas soin de leurs dents. Pourtant, l’administration et les parents attendent des enseignants qu’ils laissent passer les élèves qui n’effectuent pas leur travail. 

3. Les pilotes ne sont pas obligés de voler dans un ouragan, mais on attend des enseignants qu’ils poursuivent leurs activités comme si de rien n’était, malgré d’innombrables obstacles.

Qu’il s’agisse de conditions météorologiques défavorables ou de passagers indisciplinés, même les meilleurs pilotes ne sont pas à l’abri des influences extérieures qui affectent leur capacité à voler en toute sécurité. Conscientes de la gravité de ces facteurs externes, les compagnies aériennes ont depuis longtemps mis en place certaines mesures de protection, comme la limitation du poids des bagages à main, afin de garantir l’efficacité et la sécurité des voyages aériens. Trop d’enseignants se demandent ce que c’est que d’avoir ce genre de soutien pratique lorsqu’ils essaient d’enseigner face à des parents réticents, des élèves ayant de sérieux besoins d’apprentissage et une pile de fournitures scolaires qui s’amenuise.

4. On n’attend pas d’un chef cuisinier qu’il nourrisse des clients qui ne sont pas au restaurant, mais on attend des enseignants qu’ils fassent tout rattraper à des élèves qui ne viennent pas à l’école.

Si on fait une réservation pour un dîner et qu’on ne va pas au restaurant, le chef n’est pas responsable de notre commande. On ne s’est pas présenté à notre réservation, donc on ne peut pas manger notre repas comme prévu. Cependant, cette relation de cause à effet apparemment simple ne s’applique pas aux écoles. Si un élève ne va pas en classe, l’administration ne le tient souvent pas pour responsable de son absence. En fait, c’est à l’enseignant de le retrouver et de lui proposer une remédiation. Aider un apprenant à rattraper son retard après avoir manqué une leçon est raisonnable ; faire rattraper toute une année scolaire dans les dernières semaines de mai parce qu’un élève qui a fait l’école buissonnière à plusieurs reprises décide enfin de se montrer est aberrant !

5. Les entreprises ne s’adressent qu’à leur marché cible alors que les enseignants doivent faire participer tous les élèves.

Quand une entreprise sait que ses clients consomment tel produit, elle crée des articles destinés à ces consommateurs. Les enseignants, en revanche, n’ont pas le luxe de s’adresser uniquement à un public cible. Nous vendons des compétences en mathématiques à des personnes qui n’en veulent pas, et les évaluateurs nous jugent ensuite en fonction de ce que nos « acheteurs désintéressés » ont retenu de cette matière.

On doute que les directeurs du marketing d’une entreprise reçoivent des évaluations professionnelles négatives pour ne pas avoir convaincu les personnes qui détestent le produit ciblé. Mais les directeurs ne disent pas aux élèves qui ne veulent pas apprendre de faire plus d’efforts. Au lieu de cela, ils qualifient injustement les enseignants de pas assez bons/expérimentés/encourageants/intelligents.

6. Les gens considèrent les travailleurs qualifiés comme irremplaçables, mais croient que n’importe quel individu peut diriger une classe.

Il semble raisonnable de se fier à une personne ayant une grande expérience et un grand savoir-faire pour accomplir un travail important. Nous faisons appel à des plombiers, des électriciens et d’autres professionnels pour leur expertise et leurs compétences. Pourtant, dans un contexte de pénurie nationale d’enseignants, nous acceptons que n’importe quel adulte éduque nos enfants. C’est comme si l’on considérait vraiment que les enseignants sont dispensables…

Les enseignants ne nieront pas que les enfants ont tendance à prendre de mauvaises décisions et à faire des choses stupides — cela fait partie de la croissance ! Mais l’école devrait être le lieu sûr où les enfants s’entraînent à être responsables de leur comportement, au lieu d’apprendre à utiliser les autres comme boucs émissaires. Nous ne rendons pas service aux élèves en les protégeant des conséquences auxquelles ils seront confrontés dans le monde réel.

7. Une personne en mauvaise santé n’affecte pas le salaire d’un médecin, mais de faibles résultats aux examens peuvent entraîner une baisse de salaire pour les enseignants.

Ignorant ouvertement le conseil médical d’arrêter de fumer, une personne qui fume un paquet par jour se fait diagnostiquer un emphysème par les médecins. Ne voulant pas changer son régime alimentaire riche en graisses et en cholestérol, un autre individu souffre d’obésité et de maladies cardiaques. Ces tristes conséquences ont-elles un impact négatif sur le salaire des médecins ? Absolument pas ! Imaginons maintenant un autre scénario : les faibles résultats aux examens des élèves apathiques peuvent-ils avoir un impact négatif sur le financement des écoles, ce qui nuit aux enseignants dont le salaire est lié à ces résultats ? Oui. Imaginez que tous les professionnels perdent de l’argent chaque fois qu’ils peuvent mener leur cheval à l’abreuvoir, mais ne peuvent pas le forcer à boire.

(Source)

Un commentaire

  1. Bonjour,

    voici un article qui me fait réagir. Je précise d’emblée que, fils d’enseignants, je n’ai pas pas d’a priori négatif sur cette magnifique profession/vocation. Cependant, je ne peux que constater, à regret, deux caractéristiques de plus en plus répandue dans le métier : une ambiance de plainte continuelle et un manque d’ouverture sur les autres professions menant à de fausses conclusions très répandue dans les salles de profs. Voici donc ma contribution au débat en tant qu’employé dans le privé et parent.

    Premier point – les architectes : Et bien si ils sont remis en question, payent même une assurance pour cela et sont régulièrement soit non payés soit traduits en justice. La connaissance circule beaucoup grâce aux nouveaux moyens de communication, les patients arrivent chez le médecin avec leur propre diagnostique; les gens regardent des vidéos de plomberies et ont un oeil critique sur leur professionnel et les parents s’intéressent à la psychologie. L’époque veut cela, ce n’est pas un fait spécifique au monde de l’enseignement. Néanmoins, je conçois que cette éternelle remise en question extérieure puisse être usante et très présente dans l’enseignement vu l’importance de l’enjeu pour les enfants.

    Deuxième point – bien d’accord avec vous, je vous rassure ce n’est pas la majeure partie des parents.

    Troisième point – les pilotes qui évitent les ouragans. Oui bon on parle de la vie de personnes là. Bien des bâtiments sont peu accueillant et mériteraient un rafraichissement. On est malgré tout loin de l’ambiance d’une industrie lourde (parfois sans aucune fenêtre) et je vous rassure que l’hygiène de certaines toilettes d’entreprise n’ont rien à envier à celles des écoles.

    Quatrième point – les absents. Bien d’accord. Cependant attention que certaines situations individuelles ne sont pas toujours dans le chef de l’enseigné lui-même. Oui l’école est un des filets de sécurité mis en place par la société afin d’aider des enfants qui ne sont pas aidés (c’est un euphémisme) par les choix de leurs parents. C’est bien là une beauté du monde de l’enseignement, la possibilité que vous avez de réellement influer sur la vie d’enfants bien mal partis dans la vie (même si certains passeront toujours à travers les mailles du filet).

    Cinquième point – le ciblage. Alors un directeur du marketing qui n’arrive pas à convaincre des prospects non convaincus d’avance (c’est bien le but du marketing) oui il aura une évaluation négative. Et elle impactera son salaire. J’aimerais voir le corps enseignant se poser la question « comment intéresser des enfants aux mathématiques » plutôt que de se plaindre de ne pas avoir des ‘clients’ conquis d’avance.

    Sixième point – D’accord avec vous, j’irais plutôt dans l’autre sens, personne n’est irremplaçable. Ne cherchons donc pas des boucs-émissaires comme nous le reprochons aux enfants, regardons chacun ce que l’on peut améliorer de son côté (et donc ne reprochons pas aux parents, au gouvernement, aux enfants, aux bâtiments tous les maux de l’école).

    Septième point – Alors oui un dentiste se voit à présent attribuer des avis sur Google et son nombre de patients en dépendra. Oui dans le privé le salaire est directement lié aux résultats et pas de nominations pour protéger l’emploi. Il est normal d’être évalué dans son travail, cela permet aussi de s’améliorer (comme les élèves en fait). Je suppose que des statistiques sont disponibles et je n’ai pas comparer celles-ci aux autres professions mais j’ai l’impression qu’on est là sur un phénomène factuellement rare qui mériterait de modérer ce point.

    Voici donc mes quelques objections. Merci à tous ceux d’entre vous qui chaque jour en ces périodes compliquées continuent à mettre de la passion dans votre métier et à rendre mes enfants contents d’aller à l’école tous les jours (c’est le cas) et de les aider à grandir et à apprendre.

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