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Méthode globale, méthode syllabique: quelles différences ?

La lecture est une compétence essentielle au développement des enfants. C’est la base sur laquelle tous les éducateurs peuvent s’entendre. Au cours des trois dernières décennies, une « guerre de la lecture » a éclaté dans le domaine de l’éducation, laissant de nombreux parents perplexes quant à la théorie à laquelle ils devraient souscrire pour le développement de leur enfant.  Les deux termes les plus populaires utilisés dans cette guerre de la lecture sont la lecture phonétique et l’approche globale de la langue. Mais que signifient ces termes et comment se traduisent-ils non seulement dans la petite enfance, mais aussi dans la salle de classe ? Quels sont les effets à long terme des deux méthodes et l’une est-elle meilleure que l’autre ? Pour commencer, examinons ces deux idées :

Approche linguistique globale

En termes simples, l’approche globale vise à apprendre aux enfants à lire les mots comme des éléments globaux du langage. Influencés par la théorie constructiviste, les concepteurs de la méthodologie globale du langage croient que les enfants puisent dans leur perspective et leurs expériences antérieures pour construire le cadre des nouvelles connaissances. Cette forme d’enseignement est enseignée selon une approche holistique, ce qui signifie que les enfants n’apprennent pas à décomposer les sons individuellement, mais à prendre les mots et les associer à leurs connaissances préalables. Pensez-y comme à la façon dont nous apprenons à parler une langue. Ainsi, si un enfant voit le mot « chien » écrit suffisamment de fois avec l’image d’un chien, il associera alors ce mot, dans son intégralité, à l’idée d’un chien.

Méthode phonétique de la lecture

Bref, la lecture phonétique tente de décomposer le langage écrit en petits éléments simples. Les enfants apprennent à lire en prononçant des lettres et des symboles. En utilisant cette technique, les enfants identifient les lettres avec certains sons et les recomposent – un processus appelé décodage. Cela permet aux enfants de voir un nouveau mot, de prendre ce qu’ils savaient auparavant sur les sons que chaque lettre émet et de l’assembler pour qu’ils puissent entendre le nouveau mot. Considérez la lecture phonétique comme un jeu avec des blocs de lettres. Il permet à l’élève de remplacer un « h » par un « c » pour obtenir soit « comment », soit « vache ». Si l’enfant combinait les deux premiers mots, il obtiendrait « chow », et ainsi de suite.

Les deux méthodes sont apparemment différentes, mais quels sont les effets à long terme de chaque approche ? Une étude réalisée en Écosse a montré que les jeunes élèves qui apprennent à lire en n’utilisant qu’un programme phonétique lisent à un rythme beaucoup plus lent et comprennent moins que ceux qui sont dans une classe qui utilise une approche mixte. Cette tendance s’est poursuivie lorsque les élèves avaient 11 ans, la plupart d’entre eux ayant des années de retard sur leurs pairs pour identifier de nouveaux mots. La différence était encore plus prononcée lorsque ces étudiants étaient à l’université, plusieurs d’entre eux ayant des années de retard sur leurs pairs en ce qui concerne la fluidité, la compréhension et le vocabulaire.

De nombreux parents estiment que le choix d’une école qui s’identifie l’un à l’autre peut avoir de graves répercussions sur l’avenir scolaire de leur enfant. Afin de tenter de régler le débat entre les deux approches, le National Reading Panel a entrepris une étude en 1997. L’étude a révélé qu’il y a cinq éléments essentiels qui doivent être enseignés pour former des lecteurs efficaces. Ces compétences sont : la conscience phonémique, la phonétique, la fluidité en lecture, le développement du vocabulaire et la compréhension de la lecture.

Ce que dit la recherche sur les deux méthodes

Bien que l’étude du groupe d’experts espérait régler le débat, elle n’a fait que jeter de l’huile sur le feu aux partisans des deux approches. Les partisans de l’apprentissage basé sur les phonèmes ont fait valoir que la phonétique était une compétence essentielle et que, par conséquent, l’approche linguistique globale était nulle. Les partisans de la méthode globale ont fait valoir que la phonétique était inutile si un enfant ne pouvait pas comprendre ce qu’il lisait.

Cela a amené de nombreux éducateurs à souscrire à l’approche mixte, que la plupart des recherches appuient. Une approche mixte de la lecture permet aux élèves de commencer par un programme basé sur les phonèmes, puis de passer à l’approche globale à mesure qu’ils développent leurs compétences en lecture. Cela permet aux élèves d’apprendre la conscience phonémique et la phonétique par le biais d’un programme phonétique lorsqu’ils sont plus jeunes et de développer la fluidité en lecture, le vocabulaire et la compréhension de la lecture lorsqu’ils sont plus âgés. La recherche a montré que les élèves qui apprennent à lire à l’aide d’une technique mixte deviennent des lecteurs et des écrivains plus forts.

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