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Pénurie d’enseignants : La CSDM suspend la retraite progressive

Sauf exception, les enseignants de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n’auront plus droit à la retraite progressive en raison de la pénurie d’enseignants.

Le programme de retraite progressive permet aux enseignants en fin de carrière de faire des semaines de trois ou de quatre jours pour leur permettre de quitter leurs fonctions de façon progressive. Or, la pénurie d’enseignants devient tellement criante que des commissions scolaires refusent les demandes d’horaire allégé, comme la semaine de quatre jours, qui permettent aux employés de se reposer ou d’entamer une retraite progressive.

«L’an dernier, on refusait toutes les demandes de congé, sauf pour raison humanitaire ou de santé. Cette année, pour la première fois, on ajoute les congés pour retraite progressive et ça, pour nous, c’est vraiment un non-sens», a indiqué la présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, Catherine Renaud, en entrevue avec l’Agence QMI.

Seulement 8 demandes sont acceptées

La CSDM affirme que seulement huit demandes ont été acceptées parmi les 86 demandes de retraite progressive pour la prochaine rentrée scolaire 2019-2020.

À la CSDM, on explique que la pénurie d’enseignants qui s’aggrave d’année en année ne leur a pas laissé le choix.

« Depuis quelques années, le manque d’enseignants au Québec est bien présent. Or, ce phénomène s’aggrave d’année en année, ce qui nous oblige à mettre en place des mesures pour atténuer cette pénurie », indique un message interne de la CSDM daté du 10 mai 2019.

Quel impact sur la stabilité des élèves ?

Catherine Harel Bourdon, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a affirmé que des classes se sont retrouvées avec des professeurs suppléants différents chaque lundi pendant des semaines en raison de la pénurie de personnel combinée à des départs progressifs. La CSDM a pris cette décision pour préserver la stabilité des élèves.

« Les parents venaient nous voir, nous écrivaient des courriels, nous appelaient pour nous dire qu’il y avait eu 11 [professeurs] titulaires différents dans la classe de leurs enfants et c’était dû à la retraite progressive. Comme employeur, ce n’est vraiment pas idéal. » Déclare la présidente de la CSDM.

CSDM

Comment sortir de ce dilemme ?

Ce problème ne fait que s’aggraver d’une année à l’autre, à cause du manque d’enseignants. Catherine Harel Bourdon a expliqué que la direction n’a tout simplement plus le choix compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre qui s’abat dans le système d’éducation publique. Or , cette décision aura des effets négatifs pour la santé et le bien-être des enseignants.

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement a expliqué pourquoi les enseignants demandent des congés ou des réductions de tâche : « Ils sentent que la surcharge de travail les mène là où ils ne veulent pas aller. »

Josée Scalabrini a affirmé que pour sortir de ce dilemme, Québec doit encourager les jeunes de devenir des enseignants « Pour ce faire, il va falloir donner des [meilleures] conditions, il va falloir repenser la composition de la classe. »

De plus, elle recommande au gouvernement d’améliorer les conditions du travail des enseignants.

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