Conseil de carrière

Les dix raisons qui poussent un enseignant à la démission!

Le métier d’enseignant est un métier passionnant. Il leur permet de lancer leurs élèves sur le bon chemin de la vie. C’est pourquoi, en général, les profs aiment leur travail. Pourtant, chaque année, plusieurs d’entre eux démissionnent à cause de multiples raisons, entre autres, un salaire peu motivant, ce qui les conduit à vouloir changer de métier. Cette décision intervient en plus d’un sentiment de cruel manque de reconnaissance, faisant de ce métier un symbole de stress au travail.

Dans cet article, nous développerons 10 raisons pour lesquelles les enseignants démissionnent :

1. Ils sont sous-payés

Être enseignant nécessite beaucoup d’efforts : préparer les cours, donner des cours, évaluer les élèves, corriger les devoirs, élaborer et corriger les examens, et gérer des élèves hétérogènes. Même si les enseignants remplissent ces missions avec excellence, leur salaire stagne. Ils ont le sentiment de ne pas être rémunérés à la hauteur de leurs efforts.

Ce qui fait que ce métier devient un obstacle à la progression du professeur et ne lui permet pas d’engranger des richesses. Cela est dû au fait que les profs sont soumis à un barème de salaire très précis, qui ne suffit pas à les motiver pour ce travail, un salaire qui évolue lentement, selon le critère de l’ancienneté. Dans ce cas, il n’est donc pas étonnant qu’un enseignant soit prêt à tout pour se faire un petit complément de salaire.

2. Une profession stressante

De nombreux sondages indiquent que les profs sont soumis à un stress écrasant. Ils reconnaissent qu’ils n’ont pas une bonne santé mentale. C’est pourquoi ils ne peuvent pas être au mieux de leur forme avec un tel état d’esprit. En effet, ils se retrouvent soumis à un stress quotidien dû à plusieurs facteurs. Le monde change, et les profs doivent changer aussi leur façon de travailler : des élèves de plus en plus difficiles, la relation avec les élèves (et les parents) détériorée, sans oublier les longues heures de préparation, des soirées de correction, et un manque évident de soutien de la part du ministre de l’éducation.

3. Conflit avec les parents

Les enseignants et les parents jouent un rôle déterminant dans la réussite des enfants. Ils se partagent l’éducation des élèves. L’école entre à la maison par les devoirs et les bulletins. La famille entre aussi à la l’école par les habitudes socioculturelles de l’élève. C’est pourquoi il est primordial de nouer une bonne relation entre les parents et les profs. L’établissement de cette relation passe par la reconnaissance des compétences de chacun. Pourtant, de nombreux enseignants se plaignent de l’absence de la collaboration avec les parents, ceux-ci ne faisant pas confiance aux profs.

Cette collaboration entre les enseignants et les parents exerce une influence notable sur la réussite scolaire des élèves. Malheureusement, ce n’est pas souvent le cas et pour beaucoup d’enseignants, ils finissent par se retrouver seuls dans la course. Dans de nombreux cas en effet, les parents accusent souvent l’enseignant des échecs de leur enfant sans penser à leur propre responsabilité et/ou à celle de l’enfant.

C’est une situation qui est devenue très délicate au fil des décennies et les choses peuvent empirer si la direction n’est pas prête à apporter un soutien suffisant aux profs.

4. Le manque de respect

Auparavant, le respect allait de soi, aussi bien des élèves envers leur prof, que des profs envers les élèves, même s’ils avaient du mal à les supporter. Aujourd’hui, ils sont confrontés par un manque de respect évident de la part des élèves, et des parents, ces derniers ne reconnaissant pas l’importance du travail des enseignants. De plus, certains parents ne font pas confiance aux décisions prises par les profs. En cela, ils n’apprennent pas à leurs enfants à respecter l’enseignant. Aujourd’hui, le fait de dire “tais-toi” à un élève ou de mettre une mauvaise note est devenu un crime et les enseignants, au lieu de rester ferme face à cette situation, choisissent la facilité et l’absence de conflit, ce qui donne une image faussée de l’autorité aux élèves dès le départ, et ne leur rendra pas service dans la vie. Les parents doivent respecter l’enseignant et le faire respecter à leurs enfants.

5. Le manque de reconnaissance professionnelle

Le désir de démissionner provient aussi d’un sentiment de manque de reconnaissance. Les profs se sentent trahis et déçus de ne pas obtenir une attention particulière de la direction, des parents et de leurs classes. Ils ne veulent pas de récompenses ni des médailles. Ils veulent seulement une reconnaissance professionnelle, valeur essentielle pour les profs, puisqu’elle nourrit cette passion qui est la leur, celle de transmettre des savoirs aux élèves.

Les parents doivent apprendre à leurs enfants à respecter leurs enseignants. La direction doit également respecter les profs et leurs efforts. Elle doit prendre en considération leurs suggestions et leurs idées lorsqu’elle élabore des réformes. En réalité, les profs sont souvent critiqués, blâmés et sous-estimés malgré leurs efforts.

6. Les piles de travail administratif

Lorsqu’il y a beaucoup de tâches administratives à accomplir en plus des tâches d’enseignement, il n’est pas surprenant que les enseignants se sentent épuisés.

La documentation détaillée des notes de chaque élève peut souvent aller au-delà de ses 8 heures quotidiennes de travail.

La préparation de rapports de comportement et d’autres documents similaires peut parfois être très délicate, ce qui prend beaucoup de temps et ne laisse pas le temps de bien se reposer.

  • La correction de copies: 8 heures
  • Préparation de cours et documentation: 7 heures
  • Rendez-vous avec les familles: 2 heures 30
  • Réunions avec l’infirmière scolaire, l’auxiliaire de vie scolaire et la direction du collège au sujet d’un élève: 1 heure 30
  • Logistique: mails, rapports, cahier de texte électronique, cahier de texte personnel: 5 heures

Pour résumer, l’enseignant effectue des semaines de travail de 40 heures minimum, cette durée pouvant dépasser les 50 heures en période de conseil de classe.

7. Trop d’examens

Les enseignants critiquent la lourdeur des examens. Plus il y a d’examens, plus il faut faire de préparation et de révision en amont, et moins les profs consacrent de temps à l’apprentissage. Les notes sont devenues plus importantes que l’apprentissage des élèves. On doit arrêter de stresser les élèves et les enseignants avec trop d’évaluations.

Les enseignants sont également stressés parce qu’ils sont désignés comme seuls responsables des mauvaises notes et de l’échec scolaires des élèves. Ce qui pousse les parents à évaluer les compétences des profs. Ils finissent par se retrouver avec une étiquette de « bon à rien », ce qui peut être frustrant à plusieurs reprises.

8. Trop de responsabilités

Si tu es nouveau dans cette profession, il faut comprendre que le multitâche est un art. Cela peut comprendre :

  • La préparation de la matière à enseigner aux élèves
  • Préparer et corriger les devoirs.
  • Évaluer le rendement et le progrès de chaque élève et discuter des résultats avec les élèves, les parents et les autorités scolaires
  • Contrôler les retards et les absences des élèves
  • Cerner les besoins en apprentissage de chaque enfant
  • La collaboration avec les parents
  •  Participer à des réunions du personnel, des conférences éducatives 

9. L’ennui des routines

Les enseignants sont tout le temps sous pression. Ils effectuent la même routine chaque jour, tous les jours, de septembre à juin. Cela crée un stress routinier. Ce stress apparaît également lors d’une surcharge chronique. Les profs sentent que le monde tourne, mais qu’eux, stagnent dans leur métier. Ils répètent les mêmes cours chaque année.

Enseigner avec le cœur est la clé pour donner le meilleur de soi-même. Mais une fois que vous commencez à travailler 8 heures par jour, la routine va devenir votre ennemi numéro 1.

L’enseignement de techniques d’enseignement nouvelles et différenciées peut aider les profs à atteindre leurs objectifs. Cependant, la coopération des étudiants et de la direction est la clé lorsque l’enseignant essaie d’être différent.

10. Le déséquilibre travail-vie personnelle

La frontière entre la vie personnelle et professionnelle est très fine. L’intensification du travail des enseignants peut perturber ce fragile mais indispensable équilibre, et entraîner du stress. Les enseignants travaillent de 10 heures à 20 heures par semaine en dehors de l’horaire scolaire régulier. Ils travaillent davantage d’heures par semaine que les tous les autres employés ! Ces heures supplémentaires créent du stress et de la fatigue, ce qui donne des taux d’absentéisme et d’épuisement professionnel très élevés. Ces conditions de travail montrent que les enseignants, loin de s’épanouir au travail, ne font que survivre.

Les profs exercent une profession altruiste, qui implique énormément de contacts avec les autres. Ils se sentent souvent déchirés entre leurs responsabilités professionnelles et leurs responsabilités familiales. Ce déséquilibre nuit à leur capacité à enseigner. Ils ont besoin de plus de temps pour planifier les cours, corriger les copies, et de plus de matériel pour appuyer leurs programmes d’études. Ce manque de temps crée du stress, parce que les profs n’en n’ont plus suffisamment à consacrer à leur propre famille, à leurs activités personnelles.

Et vous, pensez-vous aussi à la démission ?

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