Méthodes pédagogiques

La démarche inductive : définition, exemple, et méthodologie

Il existe deux démarches ou manières de raisonner qui peuvent orienter l’enseignant dans le choix d’un modèle ou d’une méthode pédagogique, c’est-à-dire la démarche déductive et la démarche inductive.

Comme la plupart des méthodes ou modèles pédagogiques ont des étapes qui s’inspirent de ces démarches, le fait de savoir si nous souhaitons orienter nos actions selon une démarche déductive ou inductive peut faciliter nos choix.

Qu’est-ce que la démarche inductive ?

La démarche inductive est appelée aussi la méthode empirico-inductive. Elle place l’élève dans une situation où il s’approprie par lui-même ou en coopération, par exploration ou observation, ce qu’il doit apprendre.

L’enseignant agit alors comme un guide dans cette démarche, plaçant l’élève dans des situations où il pourra l’accompagner dans le développement de ses compétences.

L’enseignant fait explorer les élèves pour qu’ils découvrent ce qu’ils doivent apprendre à partir de cas, exemples ou situations problèmes, leur fait émettre des hypothèses ou produire une définition à partir de ce qu’ils ont observé ou exploré, puis fournit de nouveaux cas, d’exemples ou de situations aux élèves pour confirmer les hypothèses ou les définitions élaborées.

Ainsi, l’enseignant fait passer les élèves du concret à l’abstrait pour retourner vers du concret, ce qui peut être représenté par une arche.

Quelle est la différence entre la démarche inductive et déductive ?

D’une façon générale, la démarche déductive est le fait d’aller du général au particulier (ou de l’abstrait au concret), alors que la démarche inductive est le contraire, soit le fait d’aller du particulier au général (ou du concret à l’abstrait).


 Le raisonnement inductif fonctionne dans l’autre sens, il fonctionne à partir de travaux d’observation (ou d’observations) vers des généralisations et des théories. Ceci s’appelle également une « approche ascendante ». La raison inductive part d’observations spécifiques, cherche des modèles, des régularités (ou des irrégularités), formule des hypothèses avec lesquelles on pourrait travailler et finit par développer des théories générales ou tirer des conclusions.

La démarche inductive et déductive

 Lorsque nous utilisons l’induction, nous observons un certain nombre d’instances spécifiques et en déduisons un principe général ou une loi. Le raisonnement inductif est ouvert et exploratoire surtout au début. D’un autre côté, le raisonnement déductif est de nature étroite et vise à tester ou à confirmer une hypothèse.

Selon le raisonnement que l’enseignant veut que ses élèves suivent pour apprendre, il choisira une méthode pédagogique qui adopte soit une démarche inductive, soit une démarche déductive.

La démarche déductive, pour sa part, place davantage l’enseignant dans un rôle de transmetteur. C’est lui qui, généralement, assure l’enseignement des notions ou concepts, ou des stratégies aux élèves, en prenant soin de fournir des exemples ou des contre-exemples selon ce qui est enseigné, puis place les élèves dans un contexte où ils peuvent mettre en application l’enseignement reçu.

Les avantages de la méthode inductive

La démarche inductive a tout son intérêt puisqu’elle consiste à recueillir un corpus de données et à en tirer, de manière itérative, des compréhensions qui permettent non seulement de rendre compte de la complexité d’un phénomène, mais aussi de s’engager dans sa transformation.

La méthode inductive construit du sens dans le but de générer des théorisations ou des modélisations. Ces théorisations et modélisations originales tentent de rendre compte de manière approfondie des phénomènes processuels ou subjectifs tout aussi complexes les uns que les autres. Ainsi, le chercheur devient un « dessinateur du vécu ». Modéliser ou théoriser, c’est tenter de rendre compte de manière aussi intelligible que possible des processus perçus comme complexes et indécomposables.

Le choix d’une démarche inductive dans la recherche relève avant tout d’une position épistémologique qui considère qu’il y a d’autres moyens d’aboutir à la connaissance que par le recours à des cadres théoriques explicatifs. Cela demande avant tout au chercheur de se départir des préjugés concernant l’objet d’étude. Il tente de saisir le phénomène que vivent des sujets en essayant de « pénétrer » dans leur subjectivité.

Les raisonnements inductifs ont en commun le même principe, c’est-à-dire que le produit de la démarche ne peut pas intégralement étayer un argument de l’ordre du général. C’est une démarche qui se veut incomplète ou toujours en progression. En effet, les résultats issus de ce type de cheminement de recherche sont construits sur l’approfondissement de cas singuliers, et ce, de manière rigoureuse, ponctuelle, répétée et constamment revue. Le chercheur en arrive à développer des énoncés à haut potentiel heuristique, c’est-à-dire des énoncés que l’on peut transférer dans différents contextes.

Exemple de démarche inductive

Une approche inductive de l’enseignement de la langue commence par des exemples et demande aux apprenants de trouver des règles. Elle peut être comparée à une approche déductive qui commence par donner aux apprenants des règles, puis des exemples, puis la pratique.

Exemple 1 :

Les apprenants écoutent une conversation qui comprend des exemples d’utilisation du troisième conditionnel. L’enseignant vérifie que les élèves comprennent le sens de son utilisation en vérifiant la compréhension des apprenants du texte à l’écoute, et seulement après que cela se concentre sur la forme, en utilisant les exemples du texte pour obtenir des règles sur la forme, son utilisation et sa prononciation.

Exemple 2 :

Pour un sujet de recherche sociologique portant les inégalités sociales selon le territoire, le sociologue Nicolas Jounin a mené une enquête d’envergure à travers la méthode inductive. Partant d’un phénomène connu : les inégalités sociales et rappels sociaux selon les territoires, le chercheur et professeur de sociologie est parti sur le terrain avec ses étudiants pour constater et observer ce phénomène.

En envoyant ses élèves de l’Université de Saint-Denis dans les beaux quartiers de Paris, celui-ci a pu constater, et faire constater à ses élèves, comment leur statut social pouvait leur être rappelé à l’ordre lorsqu’ils se trouvaient dans les quartiers chics, à seulement 30 minutes de chez eux.

Cette démarche de travail a permis au chercheur de mieux comprendre le phénomène déjà connu.

Exemple 3

L’approche inductive de l’enseignement de la grammaire

L’approche inductive dans l’enseignement de la grammaire est une approche d’apprentissage par découverte. C’est à dire, les enseignants n’enseignent pas directement les règles grammaticales. Mais, ils laissent les élèves les découvrir à travers une expérience d’apprentissage en termes d’utilisation de la langue cible. 

Par exemple, les élèves peuvent découvrir les règles à travers des jeux, des chansons ou différentes activités qui nécessitent l’engagement et l’interaction des élèves. Dans la plupart des leçons de grammaire, l’enseignant introduit la règle grammaticale. Il engage simplement les élèves dans une conversation significative. L’enseignant guide et échafaudage les élèves pour remarquer le modèle grammatical, obtenir la forme, puis enfin les exposer à celui-ci.

Les étapes de la méthode inductive

Le raisonnement inductif est une approche ascendante qui passe du spécifique au général. Dans ce cas, le terme fait spécifiquement référence à une observation faite par le chercheur de marché. Ce dernier conduit finalement à une généralisation et une théorie générale.

La méthode d’enseignement inductive signifie que l’enseignant présente la règle à travers des situations et des phrases et fait des exercices guidés. ensuite, les apprenants font des exercices libres. Après cela, l’enseignant déduit ou obtient le formulaire de règle des apprenants eux-mêmes.

Premièrement

Les enseignants donnent des exemples que les élèves devraient examiner. Les exemples peuvent être des phrases, des phrases ou de courts paragraphes. Cela dépend essentiellement du niveau de compétence des étudiants. Le plus important est que les enseignants s’assurent de donner plus d’exemples de la structure qu’ils souhaitent enseigner aux élèves.

Deuxièmement

Les élèves établissent des règles en fonction de ce qu’ils voient. Les enseignants devraient laisser leurs élèves analyser les exemples et essayer d’obtenir la règle. Il s’agit d’une étape très importante alors que les élèves essaient de réfléchir aux exemples et de dégager les modèles.

Troisièmement

Les élèves testent leurs règles par rapport à d’autres exemples. Les enseignants donnent aux élèves plus d’exemples de la même structure qu’ils enseignent et laissent les élèves les examiner. Les exemples sont peut-être un peu plus profonds que les premiers.

Quatrièmement

Les élèves modifient les règles. Les enseignants devraient demander à leurs élèves d’examiner les règles qu’ils ont générées lors de la deuxième étape. Ensuite, ils les modifient, si nécessaire, en fonction des exemples qu’ils ont ajoutés. On s’attend à ce que les élèves obtiennent la forme et la signification de la structure cible. Les enseignants devront confirmer et ajouter quoi que ce soit, si nécessaire.

Cinquièmement

Les élèves utilisent les règles de la structure cible lorsqu’ils utilisent la langue. À ce stade, les enseignants devraient proposer aux élèves différents types d’activités. Leur but est de les aider à pratiquer les règles en profondeur. Les enseignants peuvent commencer par des activités contrôlées et semi-contrôlées jusqu’à ce que les élèves intériorisent le formulaire. Après cela, les enseignants peuvent proposer des activités pratiques gratuites dans lesquelles les élèves s’expriment en utilisant la structure apprise. Tout au long de cette étape, les enseignants doivent aider les élèves et apporter des corrections chaque fois que nécessaire.

Conclusion

L’induction et la déduction sont des éléments omniprésents de la pensée critique. Ce sont aussi des termes mal compri. Les arguments basés sur l’expérience ou l’observation sont mieux exprimés de manière inductive, tandis que les arguments basés sur des lois ou des règles sont mieux exprimés par déduction. La plupart des arguments sont principalement inductifs. En fait, le raisonnement inductif nous vient généralement beaucoup plus naturellement que le raisonnement déductif.

Sources :

  • Messier, G. (2014). Proposition d’un réseau conceptuel initial qui précise et illustre la nature, la structure ainsi que la dynamique des concepts apparentés au terme méthode en pédagogie. Thèse de doctorat inédite, Université du Québec à Montréal.
  • Introduction : les approches inductives dans la collecte et l’analyse des données Jennifer Denis, François Guillemette et Jason Luckerhoff, Volume 6, numéro 1, hiver 2019 Université du Québec à Trois-Rivières.

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