Social émotionnel

4 façons d’enseigner l’empathie à l’école

L’empathie est la capacité de se projeter dans la situation de l’autre pour mieux comprendre ses idées, ses points de vue et ses sentiments. C’est la capacité de se mettre à la place de l’autre tout en conservant sa propre perspective et en évitant de porter un jugement. En d’autres termes, l’empathie qui signifie plus que simplement mieux traiter autrui — cela signifie faire mieux. L’empathie fait appel aux antennes émotives pour améliorer nos relations interpersonnelles. Elle aide à bâtir une relation de confiance. Donc, pourquoi est-il essentiel d’enseigner l’empathie à l’école ? Et comment travailler l’empathie à l’école ?

Pourquoi enseigner l’empathie à l’école ?

La pratique de l’empathie conduit à une meilleure gestion de la classe et à une augmentation du temps consacré à l’apprentissage. De surcroit, les élèves arrivent chaque jour prêts à l’école à apprendre, et les enseignants sont mieux équipés pour faire face aux besoins sociaux et émotionnels de leurs élèves.

En plus, les écoles engagées dans l’enseignement de l’empathie ont vu l’efficacité et la rétention des enseignants augmenter, car les enseignants sont traités avec la confiance, les ressources et la compréhension qu’ils méritent. En d’autres termes, les élèves qui apprennent à forger des relations dans la salle de classe et à naviguer entre elles excelleront dans la salle de travail demain.

L’empathie peut aussi permettre à l’élève de réussir en classe. La capacité d’empathie est nécessaire pour pouvoir travailler en groupe, en coopération scolaire, et développer des compétences déterminantes pour l’enfant, notamment relationnelles et sociales.

Des notions proches de l’empathie

Empathie vs sympathie

C’est certainement avec la sympathie que l’empathie est la plus souvent confondue, ne serait-ce que par leur proximité étymologique.   Dans les deux mots, le radical « pathie » signifie « éprouver les mêmes sentiments ». Mais le préfixe grec « sym », qui signifie « avec » exprime à lui seul toute la nuance.

« L’empathie c’est la capacité à s’acclimater au paysage intérieur de l’autre, sans forcément y adhérer, se réjouir pour l’autre par exemple ; alors que la sympathie c’est se réjouir avec l’autre, dans une adhésion au système de valeurs de l’autre ».

 La sympathie renvoie ainsi dans son acception courante à la participation à des sentiments, souvent positifs, et s’apparente à l’affinité morale, l’amitié, l’inclination, la cordialité.  

L’empathie peut certes nourrir la sympathie, mais cette dernière n’est pas une conséquence nécessaire de la première. L’empathie peut fort bien se passer de motifs altruistes.

Empathie vs compassion

La compassion, mot tiré du latin chrétien, a exactement le même sens étymologique que la sympathie, mais se situe plutôt du côté des sentiments négatifs, se traduisant donc par la sensibilité à la souffrance d’autrui, la miséricorde, la pitié.

On pourrait donc distinguer empathie et compassion en se fondant, sur l’étymologie : on compatit en étant triste avec la personne alors qu’on est empathique quand on est triste pour elle. Là encore, on peut éprouver de l’empathie sans compassion. En effet on peut comprendre le chagrin que quelqu’un éprouve sans pour autant le partager.

Empathie vs contagion émotionnelle

La contagion émotionnelle, qui se définit comme la propagation d’une émotion d’un individu à d’autres, se caractérise par « une forme d’indifférenciation entre soi et autrui » alors que la distinction soi/autrui est préservée dans l’empathie, la sympathie et la compassion.

Le bébé, tout particulièrement, ressent très fortement les sentiments d’autrui parce qu’il est une véritable éponge émotionnelle, capable d’imitation, mais sans distinction entre ses états mentaux et ceux d’autrui. Il s’agit donc plutôt de contagion, ou de préempathie, parce qu’elle est précurseur de l’empathie véritable.

Les composantes clés de l’empathie

La résonance affective

Une composante essentielle de l’empathie est d’avoir une résonance affective, c’est-à-dire avoir une générosité émotionnelle qui reconnaît que l’autre est semblable à soi, tout en reconnaissant ses différences. Plus une enseignante ou un enseignant fait preuve d’empathie, plus ses élèves sont encouragés à parler facilement de leurs sentiments. 

L’écoute active en classe

L’écoute et l’empathie permettent d’améliorer les relations entre les élèves. Elles mènent vers un mieux-être qui facilite l’épanouissement de chacun.

L’écoute active est une qualité d’écoute dans une démarche volontaire, pour s’intéresser à son interlocuteur : c’est accueillir la parole de l’autre en toute bienveillance. Elle permet d’établir une relation véritable avec les êtres.

L’empathie c’est comprendre les sentiments et les émotions d’une autre personne, tout en maintenant une distance affective par rapport à cette dernière. L’empathie est différente de la sympathie, de la compassion, ou de la « contagion émotionnelle ».

Associées, elles améliorent les comportements et la qualité de communication, en favorisant le dialogue et la coopération. Elles ouvrent le cœur, elles amènent vers un mieux-être qui facilite l’épanouissement de chacun.

Reconnaître le contexte

Reconnaître le contexte de l’autre est un élément essentiel pour apprendre l’empathie à l’école. Celui-ci relie la personne à son milieu et facilite la compréhension d’une situation.

Cette compétence tient compte des éléments qui peuvent influencer la personne, notamment le lieu d’origine, la couleur de sa peau, l’origine ethnoculturelle, la citoyenneté, la situation de famille, la croyance, l’âge, le sexe, l’état familial, la capacité intellectuelle ou physique, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

L’ensemble de ces éléments ont un impact sur les valeurs, les croyances et les comportements des individus. Lorsque nous analysons le contexte de la personne en termes relationnels, nous sommes en mesure d’avoir une compréhension plus approfondie, ainsi qu’un dialogue authentique et respectueux avec autrui.

Résolution des problèmes

La résolution de problème consiste à évaluer une situation spécifique et à essayer de trouver une stratégie positive qui convient aux personnes concernées. En effet, cette technique se base sur une bonne compréhension du problème, et également sur un dialogue rationnel.

Lorsque nous abordons une situation à l’aide de cette approche, le défi devant nous devient une occasion d’apprendre. Nous choisissons d’adopter une attitude optimiste et nous présumons que les élèves qui agressent ou qui intimident les autres n’ont pas l’information nécessaire pour leur permettre de les respecter et de les inclure.

Les élèves apprennent à l’aide d’une approche fondée sur la résolution de problème équitable, et se préparent à relever les défis et à surmonter leurs hésitations.

Stratégies efficaces pour développer l’empathie chez l’enfant

L’empathie peut être un concept difficile à enseigner aux enfants. Voici quatre façons pour cultiver l’empathie à l’école :

1 . Enseigner l’empathie par l’apprentissage par projet

L’une des façons dont les écoles peuvent enseigner l’empathie aux élèves est de les faire participer à des projets technologiques créatifs et interdisciplinaires axés sur le développement de l’empathie.

Les élèves peuvent adopter la pédagogie de projet, en créant des histoires, des bandes dessinées pour favoriser l’empathie.

2. Créer des cartes d’empathie

Les recherches montrent que la meilleure façon pour les élèves de commencer à comprendre l’empathie consiste à les aider à agir par des cartes d’empathie.

Dès l’arrivée en classe, les enfants sont invités à saluer l’institutrice en exprimant leurs émotions par un indice : accolade, signe de tête, un pas de danse ou une poignée de main. Pour communiquer avec le groupe sur son ressenti du moment, chacun est invité à choisir une carte pour exprimer leurs émotions et une autre pour faire part de leurs besoins.

Chacune de ces cartes d’empathie, explicitées en parallèle par écrit ou au travers d’un dessin, délivre un message qui facilite la communication et la cohésion du groupe. « La carte de la peur, celle du besoin de sécurité ont permis de détecter très vite des cas de harcèlement ».

Carte d’empathie : exemple

exemple carte d’empathie

3. Élaborer un programme qui favorise l’écoute active

Une autre façon de favoriser l’empathie est l’écoute active, avec des exercices qui enseignent aux élèves la compétence de l’écoute active. Ces exercices consistent à jumeler un élève avec un autre élève. Les élèves doivent suivre des consignes précises comme le contact visuel quand leur partenaire parle, ne pas interrompre et faire des commentaires perspicaces qui reconnaissent que l’élève s’est entièrement appliqué à ce que dit son partenaire.

4. Intégrer le design thinking

Enseigner l’empathie aux enfants commence par démontrer ce que signifie avoir une attitude positive qui se traduit dans la façon dont ils parlent. Par exemple, nous encourageons les élèves à structurer les phrases d’une manière qui reflète la pensée conceptuelle. Cela inclut des phrases qui coulent comme “J’aime… parce que…” et “J’aimerais… parce que…”.

De cette façon, les élèves apprennent à réfléchir. Ils apprennent aussi à se mettre à la place des autres. S’ils pensent certaines choses pour certaines raisons, ils comprennent mieux le comportement des autres et pourquoi leurs pairs peuvent avoir aussi certaines pensées.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page