Gestion de classe

Pourquoi la gestion du comportement en classe est devenue impossible ?

10 raisons pour lesquelles la gestion du comportement est devenue impossible pour les enseignants

Consultez n’importe quel groupe d’enseignants sur Facebook et vous trouverez des histoires d’enseignants qui en ont assez en raison de leur incapacité à contrôler leurs classes. Des témoignages d’irrespect, de violence et de chaos dans la classe, un endroit où la gestion du comportement est devenue impossible pour de nombreux enseignants.

Nous voulons désespérément aider nos élèves, mais nous ne pouvons pas le faire seuls. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les techniques de gestion de classe sont devenues inefficaces. Et si les enseignants en sont bien conscients, il faut que d’autres en prennent note également.

1. Les parents ont tout le pouvoir.

Il y a une partie des parents qui pensent que leurs enfants ne peuvent pas faire de mal et qui se battent bec et ongles pour que tout le monde croie que c’est vrai.

Nous avons trop souvent entendu : « Mon enfant ne fait pas ça à la maison », ce qui implique que nous avons transformé à nous seuls les enfants en êtres humains irrespectueux par le simple fait d’exiger le respect. La gestion du comportement est difficile lorsque les parents ne nous soutiennent pas.

2. Il est difficile de soigner les enfants qui ont des problèmes émotionnels profonds.

Parfois, il ne suffit pas d’établir des relations positives avec des élèves difficiles. Plus nous essayons, plus le comportement s’aggrave. Les traumatismes émotionnels précoces nécessitent des années de suivi psychologique intense pour être soignés, sinon ils se transforment en comportements violents comme ceux que nous observons parfois.

Pourtant, les parents et l’administration attendent des enseignants qu’ils fassent des miracles.

3. Les programmes sont bâclés.

Les programmes de justice réparatrice peuvent être efficaces, mais ils ne sont jamais mis en œuvre avec suffisamment d’adhésion, de ressources ou de suivi. Au contraire, ces programmes sont souvent sans conséquence parce que ceux qui les mettent en place ne les expliquent pas ou ne les exécutent pas correctement.

D’autres programmes de gestion à l’échelle de l’école sont abandonnés au bout d’un an, ce qui n’est pas suffisant pour en voir les effets réels.

4. Les conséquences ne sont pas autorisées.

De nombreux administrateurs évitent les conséquences et renvoient les élèves en classe immédiatement. Qu’est-ce que cela signifie pour les autres élèves de la classe qui assistent à cette situation et la subissent ?

Le manque de soutien nous lie les mains lorsqu’il s’agit de gérer la classe. Nous évitons d’envoyer les élèves au bureau et, au lieu de cela, endurons un environnement de classe dangereux et chaotique.

5. Nous utilisons des techniques anciennes pour une nouvelle génération d’enfants.

Les enfants grandissent avec les écrans et la gratification instantanée. Ils apprennent et travaillent différemment d’il y a 40 ans, et pourtant nous utilisons les mêmes procédures et les mêmes méthodes d’enseignement.

Nous devons créer davantage d’écoles qui prennent en compte l’enfant dans son ensemble et ses intérêts. L’école devrait être davantage axé sur l’acquisition de compétences sociales que sur l’apprentissage en vue d’une évaluation

 Pour préparer les enfants à l’avenir, nous devons comprendre où ils en sont aujourd’hui, et non où nous souhaiterions qu’ils soient.

6. Les parents ont une mentalité de « nous » contre « eux ».

Le dénigrement des enseignants est devenu un passe-temps populaire sur les médias sociaux. Au lieu de travailler avec nous et de tenter de résoudre les problèmes, les parents déforment les faits et cherchent le soutien d’autres personnes qui adhèrent à la mentalité de troupeau.

Ce manque de respect flagrant se répercute sur les élèves qui agissent de la sorte en classe.

7. La violence à l’école est en augmentation.

Les comportements violents sont en augmentation, en partie en raison de traumatismes précoces non identifiés et non traités.

Les enseignants sont confrontés quotidiennement à la violence des élèves et ne devraient pas avoir à séparer les enfants, à risquer de se blesser ou à subir un procès simplement pour avoir essayé de gérer leur classe.

8.  Il y a trop d’élèves par classe.

Nous savons tous qu’établir des relations avec les élèves est la clé d’une gestion de classe efficace. C’est mentalement accablant quand une classe est surchargée, et pourtant le conseil le plus courant que nous donnent les administrateurs est de « continuer à établir des relations ! »

9. Les établissements ne préparent pas bien les enseignants.

Les étudiants qui se forment à l’enseignement ont généralement un cours de gestion du comportement à l’université. Les vidéos de simulation montrent souvent des situations mises en scène qui sont risibles par rapport à ce qui se passe réellement dans nos salles de classe. Bien que rien ne puisse vraiment nous préparer à ce qui se passe avec les enfants tous les jours, il serait utile que nos cours de formation correspondent au monde réel.

10. La pandémie a encore exacerbé les insuffisances sociales.

Le manque d’interaction sociale causé par la pandémie a créé des élèves qui n’ont pas encore appris les normes sociales des relations et du comportement dans une classe. Par conséquent, les élèves semblent rattraper le temps perdu en classe en parlant pendant des leçons entières.

Bref, pour trouver des solutions, nous devons écouter les enseignants et les élèves pour résoudre cette crise de comportement. Leurs appels à l’aide prennent la forme de violence intérieure et extérieure, de brimades, d’un manque de respect extrême, d’un manque de compétences sociales et d’idées suicidaires.

On ne peut pas et on ne doit pas attendre des enseignants qu’ils utilisent les techniques standards de gestion du comportement en classe pour résoudre ces problèmes, qui sont tout simplement trop importants.

(Source)

11 commentaires

  1. Il n’y a qu’une seule raison : les parents
    Mes fils quand ils sont rentres le premier jour à l’école, je leurs ai dit tout simplement
    « tu es là pour apprendre, ton professeur travaille, tes camarades de classe vont travailler, le travail c’est important, il ne faut surtout pas qu’on me fasse déplacer parceque tu auras empêcher quelqu’un de travailler. C’est tout

  2. Relativement en accord avec cette analyse mais il en ressort 1 impression de se trouver face à des élèves venus tous d IPPJ ou de l ensegnement special type 3 et 1….si c est de ce type d enseignement dont on parle ici les professeurs sont en alerte permanente et peuvent detecter les difficultés avec des équipes pluridisciplinaires bien formées…j ai travaillé 30 ans ds l enseignement professionnel et ds le Tech de qualification puis comme directeur ds le secondaire spécialisé. Ds ce type d enseignement La difference etait clairement établie et nous avions les formations et les moyens de travailler en équipe pour agrandir nos champs de reussite scolaire et d attentions infividialisees.

  3. J’enseigne en classe ordinaire dans le 1er degré et j’ai fait plusieurs écoles en zone rurale comme en ville (je précise Metropole)Cet article décrit parfaitement ce qu’on vit au quotidien. Ils ont oublié une chose. L’inclusion scolaire sans moyen ni formation ni sans AESH car ils n’arrivent plus à recruter. Et sans parler des IME qui ferment, du peu de places en Ulis ou en Itep. Donc, non il ne s’agit pas d’exceptions d’établissements minoritaires ni de zone géographique ciblée mais bien d’une dégradation généralisée du système éducatif sur tout le territoire français et d’une maltraitance des enseignants à qui on demande d’être psy, assistant social, enseignant spécialisé et d’accepter de se faire envoyer chier par des parents qui ne voient que nos vacances scolaires. Et ce sont ces minorités qu’on écoute qui tire l’école vers le bas. Je suis triste pour tous les autres parents et enfants qui ont encore des valeurs, une morale et qui souhaiteraient une instruction de meilleure qualité que nous ne pouvons plus toujours fournir, tant nous sommes épuisés.

  4. Je suis enseignante, le problème est le manque de moyens. On nous en demande de plus en plus mais avec zéro moyens. Aucune formation, pas de matériel, on nous demande via le plan de pilotage de trouver des solutions aux problèmes mais en se servant uniquement de ce qu’on a déjà, c’est -à-fire pas grand chose. La moitié du temps, la photocopieuse est en panne et si nous détectons un problème, soit les parents nous entendent et font le nécessaire, soit nous devons faire appel au Pms qui est surchargé et qui ne gère que les situations de crise par manque de temps et de moyens.
    C’est fatiguant car souvent, nous savons ce qu’il faudrait faire mais nous n’avons pas les moyens de le faire. A cela s’ajoute la toute puissance des parents: on a tellement peur de perdre des élèves qu’on accorde des choses insensées aux parents.

  5. Belle généralité: les méthodes éducatives désuètes, non! On suit des formations à chaque années et on s’adapte à nos élèves. Franchement!

  6. J’ai lu tout l’article….c’est vraiment extrêmement énervant qu’il est écrit que les parents ont tout le pouvoir, alors qu’ils ne décident de rien, que l’entier du pouvoir (carnet de comportement, méthode de gestion du comportement, convocation, méthode d’apprentissage, classement des enfants, nombre d’évaluation, devoirs, et j’en passe) n’appartient qu’à l’école et à l’enseignant, qui ne s’adapte pas aux élèves alors que c’est contraire au loi. Cet article met en exergue le fait que les enseignants et les parents ne sont plus partenaires, mais les enseignants et l’école ont une grande responsabilité dedans. Le dénigrement des parents de la part des enseignants existe également, donc les enseignants ont une mentalité de « nous » contre « eux ». La violence n’est pas en augmentation selon toutes les études même en France, c’est une légende urbaine sans fondement.
    Il faut changer de paradigme. Revenir au partenariat, discuter ensemble (famille et école) de tout pour trouver des accords et surtout arrêter de trier, classer , mettre dans des cases. Cela ira beaucoup mieux après…

  7. Les réunions de parents sont désertes: désintérêt des parents et horaire proposé par l’école inadapté à un horaire de parents actifs professionnellement.
    La société du tout tout de suite , sans effort et en gagnant beaucoup d’argent ne favorise pas l’effort et le travail nécessaires à la réussite scolaire.
    Beaucoup de profs sont déçus par les réalités du terrain et ne s’investissent plus.
    Manque de moyens, d’argent et une société de plus en plus dans une situation précaire.
    Le covid a accéléré le décrochage scolaire. Beaucoup d’élèves sont déscolarisés. On perd un temps fou à régler des problèmes d’absentéisme, de discipline, de comportements inadéquats: pas de cours ni de journal de classe Ou celui-ci est incomplet, pas de préparation faite, pas d’étude, pas de devoir rendu, matière pour le contrôle non étudiée et j’en passe…
    Problèmes pour obtenir l’argent pour une sortie culturelle…

  8. Fantastique la proposition numéro 6: l’école doit désormais avoir pour rôle l’acquisition de compétences sociales et non plus une formation intellectuelle!!!!

  9. Beaucoup d’admiration pour tous les enseignements sans leur grand dévouement les enfants demeureraient « ignorants ».
    Ne jamais oublier leur générosité et grande patience avec tous ces enfants/étudiants mal éduqués par leurs parents qui manquent de reconnaissance pour tous les enseignants bienveillants qui s’occupent à former leurs progénitures Chapeau à vous tous les enseignants 🥇👩‍🎓👨‍🎓

  10. Un océan nous sépare mais nous vivions les mêmes réalités en lien avec l’enseignement. Je suis du Québec et je me retrouve tellement dans tous ce que vous dites sur votre page.

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