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les 10 erreurs que les profs devraient éviter de commettre

Les élèves ont le droit de commettre des erreurs. C’est une étape cruciale dans leur apprentissage. Se tromper est apprécié et en classe, l’erreur est valorisée comme une source d’apprentissage. Elle permet à l’apprenant de découvrir et d’expérimenter. Cependant, il y a une différence entre la perception des erreurs faites par des élèves et celles faites par des enseignants. En termes simples, les professeurs n’ont pas droit à l’erreur.

En classe, les enseignants commettent des erreurs pédagogiques et relationnelles qui peuvent être préjudiciables dans le cadre de l’apprentissage de l’élève. Voici une liste de 10 erreurs que les enseignants devraient éviter de commettre :

1. Être AMI avec ses élèves

Être ami avec ses élèves, c’est la porte ouverte aux dérapages. Les enseignants doivent prendre et garder une certaine distance avec leurs élèves. Tout simplement, parce que la différence d’âge, de savoir et d’expériences rend cette amitié quasi-impossible. On peut exprimer une grande sympathie pour nos élèves, mais tout doit rester dans le cadre strict d’une relation professionnelle prof-élève. Par contre, rien ne nous empêche de recevoir des courriels de nos élèves ou de discuter avec eux, dans la mesure où chacun respecte ses limites.

Si vous acceptez l’amitié de l’un de vos élèves, vous serez obligé d’accepter l’amitié de toute votre classe, car en effet, comment dire oui à l’un et non à l’autre ? Le même problème se pose aussi au niveau des réseaux sociaux. Être ami avec ses élèves sur Facebook, par exemple, peut compromettre ou rompre le lien pédagogique entre le professeur et ses élèves. De plus, cette situation donne l’illusion aux élèves qu’ils peuvent obtenir des privilèges et s’immiscer dans la vie personnelle du professeur. La solution préconisée est de créer un profil professionnel à côté du profil personnel.

L’enseignant doit se concentrer sur l’instauration du respect en classe.

2. L’indiscipline en classe

La mauvaise conduite des élèves en classe est une vraie source de perturbation des cours. Une enquête menée par l’OCDE (Organisation de coopération et le développement économique) sur un échantillon de 260 000 enseignants et chefs d’établissements de 48 pays affirme que les enseignants passent plus de 14 % de leur temps à instaurer la discipline en classe ou à faire régner le calme au lieu de dispenser les cours. En d’autres mots, le manque de discipline nuit à l’apprentissage et perturbe l’enseignement. De surcroît, les élèves apprennent moins bien et ils se sentent très malheureux, ce qui peut avoir un impact réel sur leurs performances.

Les enseignants souhaitent imposer leurs exigences, mais ils n’y parviennent pas toujours. Ils font ici preuve d’impuissance car ils ont l’impression que leur autorité est constamment défiée et remise en question. Cela cause une double souffrance des professeurs, physique et psychologique. Voici donc quelques solutions qui pourraient vous aider à (ré)instaurer la discipline :

  • Rédigez une charte de classe de bonne conduite claire et lisible.
  • Isolez l’élève difficile en lui demandant un écrit.
  • Encouragez les bons comportements des élèves.
  • Établissez un système de récompense.

3. Se tromper

Pendant la correction des copies, les enseignants s’arrachent les cheveux à comptabiliser les fautes d’orthographe de leurs élèves. Mais parfois, les profs eux-mêmes se trompent (fautes d’orthographe au tableau, explications embrouillées, confusions…). Les élèves sont alors ravis de pointer la faute et ce n’est pas si grave. Certains enseignants utilisent la même technique et se tournent en dérision : « Ah c’était pour voir si vous suiviez !  » ou « Je me demandais si certains suivaient ». D’autres enseignants remercient tout simplement l’élève qui les corrige. Ils leur disent parfois qu’ils ont le cerveau qui va plus vite que le stylo. Et d’autres profitent parfois de leurs erreurs pour leur dire que se tromper n’est pas grave, et que le plus important est de savoir se corriger à la relecture. En tous cas, le bénéfice est certain car certains élèves se forcent à participer davantage pour déceler une éventuelle erreur du professeur.

  • En dehors de l’école, la société tolère moins les erreurs chez les enseignants. Pour les parents d’élèves, les fautes d’orthographe des profs sont impardonnables car l’enseignant est un modèle. Il appartient donc aux professeurs de veiller à ce que toute correspondance ou document de classe soit bien rédigé, relu et sans fautes orthographiques.

4. Le manque de respect

Le prof et l’élève sont les deux piliers principaux de la vie scolaire. Tout ce qui provient d’eux a un impact direct sur les résultats scolaires obtenus. Donc, il est primordial de maintenir une collaboration solide émaillée de respect. Bref, le respect est la clé qui réussit à créer une certaine prospérité dans la relation élève-enseignant, puisqu’elle favorise la paix, le calme et le développement. L’enseignant et l’élève ont le droit au respect. D’une part, l’élève doit respecter son enseignant, exécuter ses directives, données pour son bien, mais également reconnaître les connaissances et les bonnes valeurs que transmet le professeur. D’autre part, Il est essentiel de démontrer à l’élève qu’on lui accorde de la valeur en tant que personne, même si son  comportement est inapproprié, tout simplement parce que le respect attire le respect.

Il est très clair que la violence physique comme moyen dissuasif et coercitif pour asseoir l’autorité des enseignants envers les élèves est de plus en plus inusitée, voire en voie de disparition. Mais elle cède le terrain à une autre forme de violence : la violence morale. Autrement dit, certaines paroles sont interprétées par l’élève comme des agressions verbales qui peuvent affecter sa participation, sa performance et sa confiance. Par exemple, certains enseignants arrivent en retard, après la récréation, parce qu’ils prolongent la discussion en salle des professeurs sans s’en excuser auprès de leurs élèves.

Toutefois, si un élève arrive en retard, il doit fournir un billet d’entrée. Il faut que les mêmes règles valent pour tous. Il n’y a pas de place pour deux poids, deux mesures. Un autre exemple de ce manque de respect : les appréciations ou remarques personnelles, parfois désobligeantes, sur les notes scolaires et qui peuvent être mal perçues par les élèves. Ces derniers éprouvent une sorte de frustration à exprimer leurs opinions. C’est pourquoi l’enseignant est appelé à discuter avec ses élèves par rapport à leurs bulletins scolaires.

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5. Minimiser la communication avec les parents d’élèves

La communication avec les parents d’élèves joue un rôle primordial dans la réussite des enfants. Cependant, cette relation n’est pas toujours au beau fixe. Les enseignants vivent un inconfort à coopérer avec les parents. Parfois, le manque de temps constitue un vrai obstacle à cette collaboration et parfois, cela est dû a un écart important entre la culture de l’école et celle de la famille. C’est la raison pour laquelle les professeurs préfèrent minimiser la coopération école-famille.

Les enseignants doivent mettre en place des moyens de communication efficaces pour une meilleure coopération des parents. Le but de cette coopération est de s’exprimer sur le progrès et les difficultés des élèves et de proposer des solutions aux problèmes identifiés. Ils doivent être accueillants, à l’écoute et ouverts aux propositions des parents. De plus, il est préférable de choisir le moment propice pour communiquer avec les parents d’élèves, notamment en cas de malentendu entre l’enseignant et l’élève.

6. Travailler d’arrache-pied

Au fil des années, la profession d’enseignant s’est alourdie et complexifiée. Les enseignants dénoncent la surcharge et la lourdeur de leur travail, ce qui engendre un réel manque de temps pour effectuer correctement leur travail, devenu de plus en plus ardu. Selon différentes enquêtes, la profession d’enseignant est touchée par la détresse psychologique, parce qu’ils exercent une profession très exigeante.

En effet, le travail en classe n’est pas la seule tâche que les professeurs doivent accomplir. Ce n’est, d’ailleurs, que la partie visible de leur travail. Ils assument d’autres responsabilités, pédagogiques et administratives. Quand la cloche de fin de classe sonne, c’est un autre travail, invisible, qui commence pour les enseignants. Par exemple, la préparation et le suivi des cours, la correction des copies et la collaboration avec les parents d’élèves. Donc, les enseignants doivent travailler plus intelligemment et plus efficacement afin d’éviter un épuisement professionnel. Voici quelques conseils à cet effet :

  • Priorisez vos tâches pédagogiques et administratives par ordre d’importance.
  • Essayez de rester organisé.
  • Apprenez à dire NON et fixer des limites.
  • Déléguez vos tâches.

7. Rester isolé de la communauté scolaire

Il n’y a rien de pire que le fait d’être isolé de la communauté scolaire. L’enseignant a besoin d’échanger ses points de vue, ses expériences et ses problèmes avec les autres enseignants. Seul, on est très limité, frustré, stressé et impuissant. Donc, demandez de l’aide à vos collègues ou profitez de l’évolution de l’Internet pour rencontrer d’autres professeurs comme vous. Voici quelques idées pour ne plus rester isolé :

  • Prenez soin de vous et des autres.
  • Dites bonjour et discutez avec vos collègues.
  • Assistez à des rencontres pédagogiques et multipliez les activités.
  • Convoquer ou participer à des réunions informelles avec vos collègues pour   trouver des solutions aux problèmes pédagogiques. Par exemple : comment gérer un élève difficile ? comment détecter un élève dyslexique ?

Un travail coopératif au sein de votre établissement vous aide à ne plus rester isolé et à développer vos compétences professionnelles et relationnelles. En effet, la coopération au sein du corps professoral n’est pas une fin en soi, mais un bon mécanisme pour mieux accomplir votre travail. Rappelez-vous que les pratiques évoluent et qu’un mur ne se fait pas avec une seule pierre.

8. Faire le One Man Show

Le One Man Show est un spectacle donné par un artiste seul en/sur scène. Il arrive que les professeurs fassent leur One Man Show en parlant 100 % du temps. Cette communication nécessite un effort considérable de la part de l’enseignant et une attention soutenue des élèves. Pendant le cours magistral, l’élève peut tout faire, sauf ce qui justifie sa présence en classe : jouer, dessiner, lire d’autres livres, et parfois dormir. Pour que les élèves apprennent mieux, il faut qu’ils réagissent, participent, tâtonnent, résolvent des problèmes, fassent des erreurs et développent un esprit critique.

Voici quelques idées pour rendre vos élèves plus actifs et participatifs :

  • Utilisez l’étude de cas : cet outil d’évaluation donne aux élèves un problème à résoudre. Les élèves travaillent en groupe. Cela crée une saine émulation en classe en plus de leur permettre de partager des idées et de critiquer les idées des autres.
  • Les jeux de rôle : l’enseignant crée un scénario et invite les élèves à y participer devant toute la classe.
  • Le projet de classe.

9. Trop d’examens

Les évaluations ont été détournées de leur finalité originelle. Elles sont utilisées comme des statistiques comparatives au lieu d’être un outil pour aider l’enfant dans son cheminement et permettre aux parents de suivre le développement de son apprentissage. Les chiffres sont devenus plus importants que l’apprentissage lui-même. En effet, les élèves de 6e passent des examens pendant un mois et demi. À titre illustratif, ils passent des examens du Ministère, de la commission scolaire et de l’école.

Les questions que les enseignants doivent poser sont :

  • Est-ce qu’on évalue adéquatement ?
  • Pourquoi on évalue ?
  • Est-ce qu’il y a trop de temps consacré à préparer des évaluations qu’à apprendre ?

10. Divulguer les données personnelles

Les enseignants ont accès à un grand éventail d’informations sur les élèves et leurs familles, tout simplement parce qu’ils passent un bon nombre d’heures avec eux par semaine. Parmi les documents comportant des données personnelles, on compte le dossier scolaire de l’élève. Ce document contient le nom, le numéro d’élève, l’adresse, le numéro de téléphone, le sexe, la date de naissance, les dates d’inscription et de transfert, les noms des parents et des tuteurs ou les deux et les numéros d’une personne-contact en cas d’urgence. Il contient aussi les bulletins scolaires. Les enseignants doivent garder ces données confidentielles et prendre des mesures internes afin d’en garder la confidentialité et de prévenir toute atteinte réelle ou potentielle à la vie privée des élèves.

Un exemple de violation de la vie privée des élèves :

Les notes d’un élève baissent à cause du divorce de ses parents. Informer un autre enseignant ou le directeur pour donner plus de conseils et offrir du soutien à cet enfant peut être acceptable. Toutefois, partager la même information dans un cadre autre que l’espace scolaire peut être considéré comme une violation de la vie privée d’un élève.

Nul besoin de mentionner que la divulgation des informations personnelles sans consentement explicite peut entraîner une amende et des poursuites judiciaires selon les lois de chaque pays. Les parents ont le droit de poursuivre l’école pour violation de la vie privée de leurs enfants. Fort de ces conséquences, l’enseignant doit respecter les conseils suivants :

  • Obtenez seulement les renseignements nécessaires pour faire votre travail.
  • Expliquez pourquoi vous avez besoin de ces renseignements et comment vous allez les utiliser.
  • Essayez de garder les données personnelles en toute sécurité

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